Gaza – Dans un geste coordonné de soutien humanitaire, la Jordanie a envoyé dimanche matin cinquante camions chargés de denrées alimentaires vers la bande de Gaza, via le territoire israélien. L’opération s’inscrit dans le cadre d’un nouveau dispositif d’aide, étendu à la faveur d’un accord récemment conclu entre l’Union européenne, Israël, la Jordanie et l’Égypte.
L’agence de presse officielle jordanienne précise que l’envoi est opéré par une organisation caritative du royaume, et que les camions transportent principalement de la farine, une denrée devenue rare dans l’enclave palestinienne en raison du blocus et des combats.
Bien que les images de ces convois traversant Israël aient été largement relayées sur les réseaux sociaux, il reste incertain si tous les camions ont pu pénétrer effectivement dans Gaza à ce stade.
Un accord européen pour rouvrir les couloirs humanitaires
Quelques jours plus tôt, la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, annonçait la réouverture progressive de plusieurs points de passage pour faciliter l’aide humanitaire. Selon elle, l’accord prévoit une « augmentation substantielle » du nombre de camions autorisés à entrer quotidiennement dans la bande de Gaza, mais aussi la réhabilitation d’infrastructures vitales et la protection accrue des travailleurs humanitaires sur le terrain.
« Nous comptons sur Israël pour mettre en œuvre toutes les mesures convenues », a déclaré Kallas, tout en soulignant que l’accord inclut l’ouverture de nouveaux points de passage au nord et au sud de Gaza, ainsi qu’une reprise des livraisons de carburant « jusqu’à un niveau opérationnel ».
Distribution alimentaire et services publics en relance
L’accord prévoit également la possibilité de relancer la distribution alimentaire locale, notamment via les boulangeries et cuisines publiques, aujourd’hui largement à l’arrêt à cause de la pénurie d’approvisionnements et d’électricité.
Cet allègement du blocus humanitaire survient alors que la situation à Gaza continue de susciter une vive préoccupation internationale, notamment au sein de l’Union européenne. Plusieurs ONG, dont Human Rights Watch et Amnesty International, ont récemment exhorté Bruxelles à revoir son partenariat commercial avec Israël, en réponse à ce qu’elles qualifient de violations graves du droit humanitaire.
Un contexte toujours explosif
La guerre en cours a été déclenchée par l’attaque du 7 octobre 2023 menée par le Hamas contre des civils israéliens, faisant plus de 1 200 morts et 251 otages. En retour, Israël mène une vaste campagne militaire contre le Hamas dans la bande de Gaza, affirmant respecter le droit international et viser uniquement les infrastructures du groupe islamiste.
L’Union européenne, tout en restant le principal partenaire commercial d’Israël – avec 42,6 milliards d’euros d’échanges en 2024 – voit aujourd’hui son engagement humanitaire de plus en plus contesté, tant à l’intérieur de ses États membres que dans la sphère internationale.
La Rédaction

