Face aux défis climatiques, énergétiques et agricoles, le Burkina Faso explore de nouvelles solutions pour sécuriser son développement durable. Parmi elles, l’hydrogène vert apparaît comme une technologie émergente capable de transformer les secteurs de l’énergie, de l’agriculture et de l’eau. Récemment, un atelier national a permis d’examiner les opportunités offertes par cette ressource et d’envisager son intégration dans les politiques publiques.
Une réflexion autour du nexus agriculture-énergie-eau
Le ministère de l’Énergie, des Mines et des Carrières a réuni des décideurs, cadres techniques et universitaires autour d’un atelier consacré à l’hydrogène vert. L’objectif était d’améliorer la compréhension de cette technologie et d’identifier des projets structurants s’inscrivant dans le nexus agriculture-énergie-eau.
Dans un contexte marqué par le changement climatique, la pression sur les ressources hydriques et la nécessité de moderniser l’agriculture, le Burkina Faso cherche à diversifier son mix énergétique. L’initiative, menée avec l’appui du Centre ouest-africain de services scientifiques sur les changements climatiques et l’utilisation adaptée des terres (WASCAL), a porté sur la production d’électricité à partir de l’hydrogène vert ainsi que sur la valorisation de ses sous-produits.
L’hydrogène vert, un levier pour la sécurité énergétique
Selon le ministre de l’Énergie, des Mines et des Carrières, Yacouba Zabré Gouba, la rencontre vise à faire émerger des opportunités concrètes reliant les secteurs clés du développement. Cette démarche s’inscrit dans la continuité de recommandations formulées lors de rencontres régionales sur les énergies renouvelables, axées sur la cohérence des politiques publiques.
L’hydrogène vert est produit par électrolyse de l’eau grâce à une électricité issue de sources renouvelables comme le solaire ou l’éolien. Contrairement aux énergies fossiles, ce procédé n’émet pratiquement pas de gaz à effet de serre. Il peut servir aussi bien au stockage d’énergie qu’à l’alimentation de réseaux électriques ou de procédés industriels.
Pour le Burkina Faso, cette technologie représente un moyen potentiel de renforcer la sécurité énergétique, réduire la dépendance aux importations et soutenir l’électrification des usages productifs.
Des applications agricoles et industrielles
Au-delà de la production d’électricité, l’hydrogène vert offre des usages indirects. L’un de ses sous-produits, l’ammoniac, est utilisé dans la fabrication d’engrais, un élément central pour la performance agricole. Cette valorisation pourrait contribuer à améliorer la productivité tout en limitant l’empreinte carbone du secteur.
L’énergie issue de l’hydrogène peut également alimenter des activités industrielles, des systèmes d’irrigation ou des infrastructures rurales. L’approche intégrée permettrait ainsi de connecter énergie, eau et agriculture dans une logique de développement durable.
Les participants à l’atelier ont été appelés à formuler des recommandations capables d’alimenter les stratégies nationales et de favoriser l’émergence d’initiatives multisectorielles.
Un outil de décarbonation des secteurs clés
Pour le coordonnateur régional des énergies renouvelables et vertes à WASCAL, Dr Bruno Korgo, l’hydrogène vert constitue un vecteur énergétique à faible émission déjà mobilisé dans plusieurs domaines : énergie, transport, industrie et agriculture. Ces technologies participent à la décarbonation progressive des économies.
Sa présentation a mis en évidence les secteurs d’application possibles au Burkina Faso, les ressources techniques nécessaires, mais aussi les défis à relever : coûts d’investissement, maîtrise technologique, cadre réglementaire et formation des acteurs.
Vers une intégration progressive dans les politiques publiques
Le développement de l’hydrogène vert au Burkina Faso reste à un stade exploratoire, mais il s’inscrit dans une dynamique plus large de transition énergétique. L’enjeu est d’intégrer cette technologie dans les politiques nationales de manière cohérente, en tenant compte des réalités économiques et sociales du pays.
À terme, l’hydrogène vert pourrait devenir un outil complémentaire pour accompagner la modernisation agricole, renforcer la résilience énergétique et soutenir la croissance durable du Burkina Faso.
La Rédaction

