La corruption continue de creuser un gouffre dans les finances publiques de la Côte d’Ivoire. Chaque année, c’est un montant vertigineux de 1 400 milliards de francs CFA qui disparaît, alimentant un système où des milliards échappent à l’État et aux citoyens. Cette révélation, tirée du rapport “risque pays” de l’agence Bloomfield Intelligence, met en lumière l’ampleur du phénomène, même si le pays a enregistré un léger progrès dans l’indice de perception de la corruption en 2024.
Une administration publique corrompue jusqu’aux os
Derrière cette perte colossale, une grande partie du fléau réside dans le secteur public, particulièrement dans les services liés aux finances. Selon un rapport d’analyse stratégique de la Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières (Centif-Ci), l’administration publique est le secteur le plus touché, avec une forte concentration de corruption dans les administrations financières. Les Personnes Politiquement Exposées (PPE) et les hauts fonctionnaires sont généralement les principaux acteurs impliqués dans ces pratiques, avec une prédominance masculine.
L’immobilier, un terrain de jeu pour l’argent volé
Outre les pertes financières directes, la corruption nourrit également un réseau de blanchiment d’argent. Les fonds détournés sont souvent investis dans l’immobilier, aussi bien en Côte d’Ivoire qu’à l’étranger. Ces investissements, incluant terrains, maisons, appartements, et voitures de luxe, servent de véhicules pour dissimuler l’origine des fonds mal acquis. La Centif relève également un paradoxe : bien que les sociétés d’État ne figurent pas parmi les entités les plus fréquemment citées dans les affaires, elles représentent la majorité des montants détournés, soit 51,7 %, un chiffre bien plus élevé que celui des administrations publiques, des entreprises privées ou des collectivités locales.
Une saignée à couper court
Avec une perte annuelle de 1 400 milliards de francs CFA, la Côte d’Ivoire subit un véritable assèchement de ses ressources. Cet argent, détourné et mal investi, pourrait pourtant être réinjecté dans des secteurs essentiels comme l’éducation, la santé ou les infrastructures. Cette situation souligne la nécessité d’une réforme urgente pour endiguer la corruption et ses effets dévastateurs sur l’économie et la société.
La Rédaction

