Sans une solide base d’apprentissage, l’Afrique risque de brider le potentiel de sa future main-d’œuvre et de freiner son développement économique. C’est un constat alarmant que souligne le président zambien Hakainde Hichilema.
L’apprentissage fondamental englobe des compétences essentielles telles que la lecture, l’écriture et les mathématiques, mais aussi des aptitudes transférables comme les compétences sociales, la pensée critique et la résolution de problèmes. Ces éléments sont cruciaux pour bâtir un avenir éducatif prometteur.
Sans ces compétences, les enfants peinent à poursuivre leur éducation, à développer leurs talents innés et à accéder à des emplois de qualité. Ils sont également moins susceptibles de devenir des entrepreneurs efficaces ou de contribuer de manière significative au développement à l’échelle communautaire, nationale et continentale.
Bien que les initiatives visant à améliorer l’accès à l’éducation en Afrique aient montré des résultats encourageants, notamment en matière de scolarisation, il reste encore beaucoup à faire. Actuellement, le nombre d’enfants non scolarisés augmente, et un enfant sur cinq ne parvient pas à terminer l’école primaire. Parmi ceux qui réussissent, un pourcentage similaire échoue à acquérir les compétences minimales en lecture et en mathématiques.
Qualité et équité : les défis de l’éducation
De plus, de nombreux élèves manquent des compétences nécessaires pour gérer les aspects émotionnels et sociaux de la vie, et les enseignants sont souvent mal préparés pour les accompagner. Cela met en lumière des problèmes profonds liés à la qualité et à l’équité de l’éducation, avec des conséquences durables.
L’Afrique, avec une population de plus de 1,3 milliard d’habitants, connaît une croissance démographique rapide et aspire à devenir la plus grande force de travail mondiale. Cette jeunesse dynamique représente un atout précieux, et il est impératif de s’assurer qu’elle possède les compétences nécessaires pour intégrer cette main-d’œuvre.
L’incapacité de l’Afrique à améliorer l’apprentissage fondamental risque d’entraver non seulement le développement individuel mais également la croissance économique et la productivité globale. En revanche, en équipant nos enfants de solides compétences de base, nous leur donnons les moyens de s’épanouir et de relever les nombreux défis que le continent doit affronter, tels que le changement climatique, la faim, la santé et les conflits.
Un appel à l’unité et à l’action
Pour maximiser notre impact, il est crucial que gouvernements, partenaires de développement et communautés collaborent afin de mieux coordonner les efforts en matière d’apprentissage fondamental. Il est essentiel de diriger les investissements vers le secteur de l’éducation qui présente le plus grand potentiel de retour sur investissement : l’enseignement de base.
Des approches éprouvées, comme la pédagogie structurée et l’enseignement au bon niveau (TaRL), ont produit des résultats prometteurs. En Zambie, le programme de rattrapage, qui intègre cette approche, a permis d’améliorer les performances des élèves jusqu’à 30 %. Ce programme, complémentaire au cursus national, cible les élèves en difficulté grâce à des cours adaptés et des ressources pédagogiques issues de matériaux locaux.
D’autres pays peuvent apprendre de notre expérience et appliquer ces méthodes à plus grande échelle. Des nations telles que le Kenya, l’Angola, le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Ghana, Madagascar, le Nigéria, le Rwanda et la Tanzanie connaissent également des succès dans ce domaine.
En tant que leaders africains et acteurs de l’éducation, nous avons la responsabilité de mettre en œuvre des politiques qui favorisent l’apprentissage fondamental, d’établir des systèmes de suivi efficaces et de prendre des décisions basées sur des données probantes. Nous devons garantir la responsabilité de l’apprentissage de nos enfants et agir avec détermination pour bâtir des fondations solides pour leur avenir.
La Rédaction

