Le 8 février 2026, une nouvelle étape diplomatique a été ouverte dans le dossier du Sahara occidental avec une réunion quadripartite inédite tenue à Madrid, Espagne, sous l’égide des États‑Unis. Cette rencontre rassemble le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le Front Polisario pour tenter de relancer un dialogue politique durable autour du conflit territorial qui oppose Rabat au mouvement indépendantiste depuis plus de 50 ans.
Une initiative américaine pour débloquer le processus politique
Organisée au siège de l’ambassade des États‑Unis à Madrid, la réunion est pilotée par Massad Boulos, conseiller principal pour l’Afrique au Département d’État, en présence de Michael Waltz, ambassadeur des États‑Unis auprès de l’ONU, et de Staffan de Mistura, envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental.
L’objectif affiché est de relancer les négociations sur l’avenir du territoire disputé, en s’appuyant notamment sur une version actualisée du plan marocain d’autonomie, que Rabat est prêt à présenter et qui s’appuie sur une quarantaine de pages détaillées de propositions institutionnelles.
Qui est à la table des négociations ?
La réunion de Madrid réunit les ministres des Affaires étrangères :
•Nasser Bourita pour le Maroc,
•Ahmed Attaf pour l’Algérie,
•Mohamed Salem Ould Merzoug pour la Mauritanie,
•Mohamed Yeslem Beissat pour le Front Polisario.
La participation de l’Algérie est significative car elle avait longtemps refusé de s’asseoir à la même table que le Maroc dans un cadre quadripartite sous médiation américaine.
Enjeux majeurs et positions des parties
Le Sahara occidental est un vaste territoire du Maghreb, anciennement sous domination espagnole jusqu’en 1975, toujours considéré comme territoire non autonome par l’ONU et objet d’un différend entre le Maroc, qui le contrôle majoritairement, et le Front Polisario, qui revendique l’indépendance pour le peuple sahraoui.
Le plan marocain d’autonomie, soutenu par Washington et plusieurs membres du Conseil de sécurité, entend offrir une autonomie institutionnelle importante sous souveraineté marocaine, mais sans inclure l’option d’indépendance complète.
La position du Front Polisario, bien que prêt à discuter, demeure critique lorsque les négociations se basent exclusivement sur des propositions qui pourraient être perçues comme légitimant l’occupation du territoire par Rabat plutôt qu’un vrai référendum d’autodétermination.
Pourquoi cette réunion compte
Cette réunion est présentée comme l’une des avancées diplomatiques les plus larges depuis des décennies parce qu’elle réunit toutes les parties directement concernées, avec une médiation américaine assumée et un rôle observateur de l’ONU. Elle s’inscrit dans un contexte où la diplomatie internationale multiplie les initiatives pour sortir de l’impasse politique qui prévaut depuis la fin du cessez‑le‑feu de 1991.
La Rédaction

