Le président congolais Félix Tshisekedi a officiellement rencontré les représentants des Églises catholique et protestante pour discuter de la relance d’un dialogue national inclusif. Une rencontre très attendue, qui marque un tournant dans la vie politique de la République démocratique du Congo.
Un échange décisif à la Cité de l’Union africaine
Après plusieurs semaines de préparation, les chefs religieux — menés par Mgr Donatien Nshole pour la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et le pasteur André Bokondoa pour l’Église du Christ au Congo (ECC) — ont été reçus par le chef de l’État à la Cité de l’Union africaine. La rencontre, qui a duré plus de deux heures, a porté sur le rapport issu de trois mois de consultations à travers le pays.
Ce rapport, présenté comme un « pacte social », vise à rétablir la confiance entre les institutions, les forces politiques et la population, en prélude à un futur dialogue national.
Tshisekedi pose deux conditions majeures
Le président congolais s’est montré favorable à l’initiative, mais a posé deux conditions fermes :
1. L’absence totale d’ingérence extérieure : le dialogue doit rester une initiative congolaise, à l’abri de toute influence étrangère.
2. L’opérationnalisation concrète du pacte social : le chef de l’État a exigé que les conclusions du rapport ne restent pas théoriques, mais qu’un comité de suivi, impliquant les Églises et les institutions publiques, veille à leur mise en œuvre effective.
Une ouverture saluée dans un climat tendu
La classe politique, notamment la plateforme d’opposition Lamuka, a salué l’engagement présidentiel en faveur d’un dialogue inclusif. Dans un contexte marqué par des tensions persistantes dans l’Est du pays, des contestations post-électorales et une fatigue sociale grandissante, cette relance du dialogue est perçue comme une réponse au besoin d’apaisement national.
Les représentants des Églises ont, quant à eux, exprimé leur satisfaction d’avoir été entendus et ont insisté sur la nécessité d’une volonté politique ferme pour garantir l’efficacité du processus.
Prochaine étape : la mise en place du comité de suivi
Félix Tshisekedi a annoncé qu’une équipe spéciale sera désignée pour travailler en lien avec les représentants religieux et politiques. Ce comité de suivi aura pour mission d’élaborer une feuille de route détaillée et un calendrier de mise en œuvre des recommandations issues du pacte.
Avec cette rencontre stratégique, Félix Tshisekedi franchit un pas vers un dialogue national qui se veut apaisé, inclusif et piloté depuis l’intérieur du pays. Le rôle central des Églises confirme une fois de plus leur statut de médiatrices incontournables dans les grands moments politiques de la RDC. Reste désormais à transformer cette volonté en actes concrets, capables de réconcilier une nation en quête de stabilité.
La Rédaction

