En Afrique, des millions de femmes restent touchées par cette pathologie évitable, avec des conséquences physiques et sociales graves
À Madagascar, la fistule obstétricale, surnommée la « maladie de la honte », reste une pathologie qui isole socialement les femmes touchées. Chaque année, plus de 5 000 nouvelles patientes souffrent de cette lésion grave, provoquée par des accouchements prolongés sans assistance médicale. La fistule entraîne une incontinence permanente, des infections chroniques et des complications cutanées, tout en marginalisant les femmes au sein de leur communauté. La campagne « Fistula » menée au Pavillon Sainte-Fleur d’Antananarivo vise à opérer gratuitement 25 femmes et à former les chirurgiens locaux aux techniques de réparation, offrant ainsi un espoir vital à celles qui en souffrent.
Le calvaire commence souvent lors d’un accouchement non assisté, quand la tête du bébé comprime les tissus vaginaux, provoquant des déchirures mal soignées. Les conséquences sociales sont profondes, avec exclusion familiale ou communautaire et perte de dignité. Les patientes peuvent se retrouver isolées, incapables de participer à la vie sociale, ce qui aggrave encore le traumatisme psychologique. La chirurgie réparatrice, combinée à un accompagnement psycho-social et à la réinsertion dans la société, constitue le traitement essentiel pour restaurer la santé et la dignité de ces femmes.
Si Madagascar concentre l’attention sur cette problématique, la situation se répète dans de nombreux pays d’Afrique subsaharienne. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, entre 50 000 et 100 000nouvelles femmes développent une fistule obstétricale chaque année, et plus de 2 millions vivent encore avec cette pathologie, principalement en Afrique et en Asie du Sud. La prévalence en Afrique subsaharienne est nettement plus élevée qu’en Asie, avec environ 71 cas pour 100 000 femmes. Les facteurs déterminants incluent un accès limité aux services obstétricaux de qualité, les mariages précoces et la grossesse chez les adolescentes, la pauvreté, ainsi que des infrastructures sanitaires insuffisantes. Dans ces contextes, de nombreuses femmes doivent parcourir de longues distances, parfois plusieurs jours à pied ou en traversant des rivières, pour atteindre un centre de santé capable de leur fournir une assistance obstétricale.
La fistule obstétricale est largement évitable grâce à un accès élargi aux soins de santé maternelle, à des interventions chirurgicales d’urgence lors d’accouchements obstructifs et à l’éducation des filles pour retarder les mariages et les grossesses précoces. Des campagnes comme « Fistula » à Madagascar montrent que la réparation chirurgicale est efficace et peut offrir à ces femmes la possibilité de retrouver leur place dans la société, tout en sensibilisant les communautés à l’importance de la prévention et de l’accès aux soins.
La Rédaction
Sources et références :
•OMS – Factfile sur la fistule obstétricale : who.int
•Étude récente sur la prévalence mondiale et régionale ajustée (2026) : publichealth.jhu.edu
•UNFPA Afrique de l’Ouest – wcaro.unfpa.org
•Chronique ONU – impacts physiques et sociaux de la fistule : un.org

