La République centrafricaine a tranché sans appel. À l’issue du scrutin présidentiel du 28 décembre 2025, Faustin Archange Touadéra s’impose dès le premier tour avec une majorité écrasante, confirmant son statut d’homme fort du pays et ouvrant la voie à un troisième mandat consécutif.
Selon les résultats provisoires rendus publics le lundi 5 janvier par l’Autorité nationale des élections (ANE), le président sortant a recueilli 76,15 % des suffrages exprimés, soit 894 556 voix sur un total de 1 174 759 bulletins valablement comptabilisés. Un score qui ne laisse place à aucune ambiguïté quant à l’issue du scrutin.
Un scrutin à forte portée politique
Cette élection s’inscrivait dans un contexte institutionnel inédit. En 2023, l’adoption d’une nouvelle Constitution a supprimé la limitation des mandats présidentiels, permettant à Faustin Archange Touadéra, au pouvoir depuis 2016, de briguer un nouveau mandat. Cette réforme, vivement contestée par une partie de l’opposition, a profondément redessiné le paysage politique centrafricain.
Le scrutin du 28 décembre ne se limitait pas à la présidentielle. Les électeurs étaient également appelés à voter pour les législatives, les régionales et les municipales. Au total, 6 762 bureaux de vote, répartis dans 3 910 centres, ont été ouverts sur l’ensemble du territoire national, auxquels se sont ajoutés 62 bureaux dédiés à la diaspora.
Participation mesurée, mobilisation réelle
Sur un corps électoral de 2 392 946 inscrits, 1 254 376 électeurs ont pris part au vote, soit un taux de participation de 52,42 %. Parmi eux, 647 287 hommes et 607 089 femmes se sont déplacés entre 6 heures et 18 heures pour exprimer leur choix.
L’ANE a par ailleurs recensé 40 231 bulletins nuls et 39 386 bulletins blancs, traduisant à la fois les imperfections logistiques du processus et une forme de désengagement politique d’une frange de l’électorat.
Une opposition distancée
Face au président sortant, six autres candidats étaient en lice, validés par la Cour constitutionnelle. Aucun n’a été en mesure de menacer la domination électorale de Touadéra.
Le principal challenger, Anicet Georges Dologuélé, candidat de l’Union pour le renouveau centrafricain (URCA), arrive en deuxième position avec 14,66 % des voix, soit 172 209 suffrages. Un score honorable mais insuffisant pour contraindre le chef de l’État à un second tour.
Les autres prétendants restent très loin derrière :
Henri-Marie Jeanneney Dondra (UNIR) obtient 3,19 %, Marcelin Yalemende 2,13 %, Serge Ghislain Djorie (CAPNCA) 1,87 %, Eddy Symphorien Kparekouti (PUR) 1,04 %, et Aristide Briand Reboas (PCD) 0,95 %.
Sécurité, stabilité et continuité
La campagne s’est déroulée sur fond de défis sécuritaires persistants et de fragilité institutionnelle. Le président sortant a largement axé son discours sur la restauration de l’autorité de l’État, la stabilisation du territoire et la continuité de l’action gouvernementale. Un message qui semble avoir trouvé un écho favorable auprès d’une majorité d’électeurs.
En parallèle, une partie de l’opposition, regroupée notamment au sein du Bloc républicain pour la défense de la Constitution, a choisi de boycotter certains aspects du processus électoral, affaiblissant de facto la dynamique concurrentielle du scrutin.
En attente de validation constitutionnelle
Les chiffres publiés restent provisoires. Le taux de compilation atteint 84,39 %, avec 5 689 bureaux de vote compilés sur 6 741 ouverts. La proclamation définitive des résultats dépend désormais de la validation de la Cour constitutionnelle, ultime arbitre du processus électoral.
Sauf surprise majeure, Faustin Archange Touadéra s’apprête toutefois à entamer un nouveau chapitre de son long exercice du pouvoir, dans un pays où la question de la gouvernance et de l’inclusivité politique demeure centrale.
La Rédaction

