Le président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh a confirmé sa candidature pour un sixième mandat à la tête de la République de Djibouti, lors de l’élection présidentielle prévue en avril 2026. Cette annonce fait suite à une réforme constitutionnelle majeure adoptée fin 2025, supprimant la limite d’âge de 75 ans pour les candidats à la présidence, ouvrant ainsi la voie à la prolongation de son long règne.
Un long règne consolidé
Ismaïl Omar Guelleh est au pouvoir depuis 1999, succédant à Hassan Gouled Aptidon, premier président du pays après l’indépendance. Depuis plus de vingt-cinq ans, il domine la vie politique djiboutienne. Son cinquième mandat, remporté en 2021 avec plus de 97 % des voix, avait déjà montré l’ampleur de son contrôle sur le paysage politique et l’affaiblissement de l’opposition.
La réforme qui change tout
Jusqu’à récemment, la Constitution interdisait aux candidats âgés de plus de 75 ans de se présenter. Le Parlement a voté fin 2025 la suppression de cette limite, officialisant ainsi la possibilité pour Guelleh de briguer un sixième mandat. Cette décision, justifiée par le gouvernement comme un moyen de garantir la stabilité dans une région marquée par des crises régionales, suscite des interrogations sur la consolidation du pouvoir et l’équité du processus électoral.
Une candidature contestée
Pour ses partisans, la continuité de Guelleh est un gage de stabilité dans un environnement stratégique sensible. Djibouti occupe une position clé au débouché du détroit de Bab‑el‑Mandeb et abrite des bases militaires étrangères, ce qui renforce l’importance d’une gouvernance stable aux yeux de certains partenaires internationaux.
Cependant, l’opposition et plusieurs observateurs dénoncent une concentration excessive du pouvoir et un recul démocratique. La suppression de la limite d’âge, couplée à l’absence de concurrence réelle, soulève des questions sur l’alternance politique et sur la représentativité d’une élection largement contrôlée.
Enjeux géopolitiques et économiques
Au-delà de la politique interne, la candidature de Guelleh s’inscrit dans un contexte géopolitique particulier. Djibouti, avec une population d’un peu plus d’un million d’habitants, bénéficie d’une position stratégique sur la mer Rouge. La continuité du régime pourrait assurer une stabilité favorable aux investissements et aux relations internationales, mais elle met aussi en lumière les défis liés à la gouvernance, aux droits humains et aux libertés politiques dans le pays.
Perspectives pour 2026
Si Guelleh est réélu, il entamera un sixième mandat, prolongeant un règne qui s’apparente à celui des dirigeants africains aux mandats longs et répétés. Les prochains mois seront cruciaux : la campagne présidentielle de 2026 servira de baromètre pour mesurer l’équilibre entre stabilité et ouverture politique. La société civile et les acteurs internationaux surveilleront de près la transparence du scrutin et les conditions de participation de l’opposition.
La candidature de Guelleh pour un sixième mandat illustre à la fois la continuité politique et le débat sur la démocratie à Djibouti. Entre stabilité et concentration du pouvoir, le pays de la Corne de l’Afrique s’apprête à franchir une nouvelle étape, où les enjeux de gouvernance et de légitimité seront plus que jamais au cœur du scrutin de 2026.
La Rédaction

