À moins de deux semaines de l’élection présidentielle ivoirienne du 25 octobre 2025, les deux principaux partis d’opposition en Côte d’Ivoire ont lancé un appel à manifester quotidiennement pour réclamer un dialogue politique et contester l’exclusion de leurs leaders de la course présidentielle.
Manifestations réprimées à Abidjan
Samedi 11 octobre, quelques centaines de personnes ont répondu à l’appel de l’opposition à marcher à Abidjan. La manifestation, interdite par les autorités, a été dispersée par les forces de l’ordre au moyen de gaz lacrymogènes. Selon le ministère de l’Intérieur, 237 personnes ont été interpellées. Les autorités justifient ces mesures par la nécessité de maintenir l’ordre et de respecter les décisions du Conseil constitutionnel.
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Front Commun : « manifester tous les jours »
Le Front Commun, coalition réunissant le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) de Tidjane Thiam et le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) de Laurent Gbagbo, a déclaré dans un communiqué : « Les manifestations pour la démocratie, la justice et la paix se poursuivront tous les jours et sur toute l’étendue du territoire, jusqu’à la satisfaction des revendications par la tenue d’un dialogue politique. »
Les partis dénoncent également le quatrième mandat d’Alassane Ouattara, qu’ils jugent inconstitutionnel, et appellent à la non-violence, au calme et au sang-froid. Plusieurs cadres du PDCI ont par ailleurs affirmé que des forces de l’ordre avaient tenté de pénétrer dans le domicile de Noël Akossi Bendjo, vice-président du parti, pour procéder à son arrestation.
Candidats de l’opposition encore en lice
Malgré l’exclusion de Gbagbo et Thiam, quatre candidats d’opposition restent en lice : Jean-Louis Billon, ancien ministre du Commerce et dissident du PDCI, Simone Ehivet Gbagbo et Ahoua Don Mello, anciens compagnons de route de Laurent Gbagbo, et Henriette Lagou, déjà candidate en 2015.
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Contexte sécuritaire et inquiétudes
La Côte d’Ivoire déploie un dispositif de sécurité renforcé, baptisé « Espérance », mobilisant 44 000 agents pour assurer le maintien de l’ordre durant la période électorale. Les observateurs s’inquiètent toutefois de possibles violences électorales, rappelant le climat tendu de l’élection de 2020, qui avait fait 85 morts.
La situation reste sous haute surveillance, alors que l’opposition entend poursuivre ses mobilisations jusqu’à obtenir l’ouverture d’un dialogue politique.
La Rédaction

