L’opposition ivoirienne se recompose à quelques semaines de la présidentielle du 25 octobre. Radié de la liste électorale, Charles Blé Goudé a annoncé, samedi 4 octobre à Yamoussoukro, son soutien à l’ex-première dame Simone Ehivet Gbagbo, candidate déclarée au scrutin.
Lors d’une convention extraordinaire du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (Cojep), près de 200 militants ont voté majoritairement pour que le parti appuie la candidature de Simone Ehivet. Faute de pouvoir se présenter lui-même, en raison d’une condamnation par la justice ivoirienne, l’ancien ministre de la Jeunesse sous Laurent Gbagbo entend désormais mobiliser son électorat autour de cette nouvelle alliance.
Un appui politique stratégique
« À partir de demain, je rentre en campagne pour Simone Ehivet », a déclaré Charles Blé Goudé devant ses partisans. Conscient des imperfections du système électoral, il a néanmoins appelé à la participation : « Ce peuple-là a usé de la démocratie et moi je vous regarde, je vous dis, il y a cinq millions de voix qui sont là ».
Ce soutien, officialisé à Yamoussoukro, intervient dans un contexte où le Cojep avait déjà boycotté les élections municipales et régionales de septembre 2023, dénonçant un processus électoral inéquitable. Cette fois, Blé Goudé veut éviter l’abstention et replacer son mouvement dans la dynamique de la compétition politique.
Rupture avec la Coalition pour l’alternance pacifique
Tout comme Simone Ehivet, l’ancien ministre a annoncé la suspension de sa participation à la Coalition pour une alternance pacifique en Côte d’Ivoire (CAP-CI), plateforme née il y a un an pour réclamer un dialogue inclusif et une réforme du code électoral. En s’en écartant, Blé Goudé et Simone Ehivet semblent vouloir prendre leur destin politique en main, hors des cadres de concertation traditionnels.
À trois semaines du scrutin, ce ralliement pourrait redessiner les équilibres au sein de l’opposition, dans un paysage politique encore marqué par les héritages du régime Gbagbo.
La Rédaction

