Deux jours après l’annonce officielle de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Madagascar peut savourer une victoire majeure dans la lutte contre la poliomyélite.
Aucun cas de poliovirus variant de type 1 n’a été détecté depuis dix-huit mois, ni chez l’homme ni dans l’environnement. Cette victoire, obtenue de haute lutte, repose sur une riposte massive : 19 millions de personnes vaccinées lors de campagnes d’urgence coordonnées entre l’État, l’OMS, l’Unicef et l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite (IMEP).
Le président malgache et la Première dame Mialy Rajoelina, ambassadrice de la vaccination, ont joué un rôle clé dans cette mobilisation nationale. « Ce succès prouve qu’avec la volonté politique, des partenariats solides et l’engagement des communautés, les flambées de poliomyélite peuvent être rapidement maîtrisées », a salué le Dr Chikwe Ihekweazu, directeur régional par intérim de l’OMS pour l’Afrique.
Mais la prudence s’impose. Car si la poliomyélite n’est plus une urgence à Madagascar, le risque d’une résurgence n’est jamais totalement écarté. Entre 2020 et 2023, 287 cas ont été confirmés : 45 de paralysie flasque aiguë, 44 communautaires et 198 issus des eaux usées, répartis dans 30 districts sur 13 régions. En cause : la chute brutale de la couverture vaccinale en 2021, tombée à 35 % après les perturbations liées à la pandémie de Covid-19. Madagascar, pourtant déclaré « Polio free » en 2018, s’est retrouvé confronté à une nouvelle flambée en quelques mois.
« Madagascar incarne un symbole d’espoir pour l’Afrique, mais la vigilance doit rester de mise », a insisté Etleva Kadilli, directrice régionale de l’Unicef. « La vaccination est un droit fondamental pour chaque enfant, où qu’il se trouve. »
Dans un message à la nation, Mialy Rajoelina a appelé à ne pas baisser la garde : « Ensemble, nous avons prouvé qu’il est possible de dépasser les limites et de bâtir un changement durable. Continuons d’agir, de sensibiliser et d’unir nos forces pour offrir à chaque enfant un avenir en bonne santé. »
Cette victoire sanitaire, fruit d’un effort collectif, rappelle que la prévention reste notre meilleure arme. La poliomyélite, longtemps synonyme de paralysie et de peur, peut être vaincue. Mais elle ne pardonne aucun relâchement.
La Rédaction

