La scène politique philippine est secouée par un conflit ouvert entre le président Ferdinand Marcos Jr. et sa vice-présidente, Sara Duterte. Cette dernière, accusée d’avoir proféré des menaces de mort à l’encontre du président, devra s’expliquer devant les forces de l’ordre.
Une alliance brisée
Ancienne alliée de Marcos lors des élections de 2022, Sara Duterte avait joué un rôle clé en apportant l’héritage populaire de son père, Rodrigo Duterte, à la campagne présidentielle. Cependant, les relations entre les deux figures politiques se sont progressivement détériorées, culminant dans une confrontation publique.
Lors d’une intervention en ligne, Sara Duterte a tenu des propos qui ont déclenché une vague d’indignation. Elle a affirmé avoir ordonné qu’en cas de sa mort, le président et plusieurs membres de sa famille soient assassinés. Ces déclarations, qualifiées de “graves” par Marcos, ont été dénoncées comme des appels à la violence incompatibles avec l’état de droit.
Des accusations de corruption en toile de fond
Ce bras de fer politique ne se limite pas aux tensions personnelles. En 2023, Sara Duterte a été accusée de mauvaise gestion de fonds publics lorsqu’elle dirigeait le ministère de l’Éducation. Depuis, elle fait l’objet d’une enquête parlementaire sur l’utilisation de budgets confidentiels alloués à la vice-présidence.
Ferdinand Marcos Jr. a estimé que la situation aurait pu être apaisée si Duterte avait coopéré avec les investigations en cours. En revanche, il reproche à son ancienne alliée de détourner l’attention des accusations par des propos qu’il juge “irresponsables”.
Un contexte politique tendu
À deux ans des élections de mi-mandat, cette crise révèle les fractures au sommet de l’État philippin. Le clan Duterte, qui espère regagner en influence, multiplie les critiques à l’encontre de la gestion de Marcos, l’accusant de manquer de vision et de leadership.
Pour le président, cette affaire dépasse le simple conflit politique : elle représente un test pour la stabilité des institutions et l’application de la loi dans un pays déjà marqué par des luttes de pouvoir incessantes.
Le 29 novembre, Sara Duterte devra répondre de ses propos devant la police. Ce rendez-vous pourrait marquer un tournant décisif dans cette bataille politique, qui continue de captiver l’opinion publique philippine.
La Rédaction

