Le gouvernement sud-soudanais est monté au créneau pour faire taire une rumeur persistante : le président Salva Kiir serait mort. Face à la circulation rapide de cette fausse information sur les réseaux sociaux, le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a publié un démenti ferme, qualifiant ces allégations de “fausses et malveillantes”.
À 73 ans, le chef de l’État est bel et bien vivant, a assuré le gouvernement, ajoutant qu’il reste “pleinement engagé au service de la nation”. Cette déclaration vise à dissiper les doutes et à rassurer une population déjà éprouvée par des tensions politiques et sécuritaires récurrentes.
Une offensive contre la paix
Les autorités sud-soudanaises accusent les auteurs de cette désinformation de vouloir “créer une panique inutile, semer la confusion et déstabiliser le pays”. Une rumeur, relayée notamment par un homme politique kényan sur la plateforme X (anciennement Twitter), a été directement pointée du doigt. Le gouvernement n’a pas hésité à qualifier ces propos de “fabriqués par les ennemis de la paix, du développement, de la construction nationale et de la stabilité”.
La réaction rapide et coordonnée du gouvernement montre une volonté claire de maintenir la stabilité politique dans un contexte régional tendu. Depuis l’accord de paix de 2018, qui avait mis fin à cinq années d’un conflit sanglant entre les partisans de Salva Kiir et ceux du vice-président Riek Machar, le pays tente de reconstruire une unité fragile.
Un contexte sécuritaire explosif
Mais la résurgence récente de combats entre factions rivales, notamment entre forces loyales à Kiir et celles de Machar, inquiète les observateurs. L’ONU a lancé un avertissement : sans une vigilance constante, le Soudan du Sud risque de replonger dans la guerre civile.
C’est dans ce climat d’incertitude que les rumeurs ont proliféré, révélant une vulnérabilité persistante aux manipulations de l’opinion publique. Pour les autorités, il ne s’agit pas simplement de défendre l’image du président, mais de prévenir une déstabilisation à grande échelle, dans un pays qui peine encore à guérir les plaies de la guerre.
Le démenti officiel autour de la prétendue mort du président Kiir est plus qu’une mise au point : c’est un signal politique. En dénonçant vigoureusement la diffusion de rumeurs infondées, Juba cherche à protéger la fragile stabilité du pays et à démontrer sa fermeté face aux tentatives de sabotage informationnel. Le défi reste immense : reconstruire la confiance dans les institutions et préserver la paix face aux menaces, visibles ou invisibles, qui pèsent encore sur le plus jeune État d’Afrique.
La Rédaction

