Du 8 au 10 mai, Maroua devait accueillir un rassemblement de 100 000 jeunes en soutien au président Paul Biya. Organisé dans l’Extrême-Nord par le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), l’événement promettait une démonstration d’unité et d’engagement en faveur d’un nouveau mandat du chef de l’État. Pourtant, derrière les slogans officiels, les tensions internes, les luttes d’influence et les querelles financières viennent fissurer la façade.
Une mobilisation qui divise
Si le chiffre de 100 000 jeunes a été avancé comme symbole d’une jeunesse loyale et mobilisée, la réalité sur le terrain est bien plus complexe. Plusieurs responsables locaux du RDPC dénoncent une organisation opaque, marquée par des exclusions et des calculs politiques. Loin de rassembler, l’initiative a ravivé les rivalités entre factions au sein du parti présidentiel.
Des clans à découvert
Le rassemblement est placé sous le haut patronage de Cavayé Yéguié Djibril, président de l’Assemblée nationale et figure incontournable du RDPC dans la région. Mais son nom suffit à réveiller des clivages. Plusieurs figures montantes du parti, frustrées d’être tenues à l’écart, voient dans cette manifestation une opération de récupération politique destinée à renforcer certaines positions, au détriment d’un véritable dialogue intergénérationnel.
Quand l’argent n’arrive pas
La machine politique censée soutenir la manifestation semble grippée. Le financement tarde à arriver, les délégations locales manquent de moyens, et l’enthousiasme s’effrite. Des jeunes attendus n’ont ni transport ni hébergement garantis, et les promesses initiales peinent à se concrétiser. Résultat : désistements, grincements de dents et soupçons de détournement en coulisses.
Un événement révélateur
Ce qui devait être une vitrine pour le pouvoir en place se transforme en révélateur de ses tensions internes. Le RDPC, en voulant montrer une jeunesse conquise, expose ses propres divisions. Loin d’une dynamique électorale sereine, c’est l’image d’un parti traversé par les incertitudes qui émerge, à quelques mois d’une présidentielle décisive.
La Rédaction

