L’Alliance des États du Sahel (AES) ancre un peu plus sa souveraineté médiatique. Réunis à Ouagadougou, les représentants du Mali, du Niger et du Burkina Faso ont acté, le mercredi 23 avril 2025, la création d’une radio publique commune, première pierre d’un ambitieux projet de communication régionale.
La station centrale de cette nouvelle voix sahélienne sera hébergée à Ouagadougou, avec des antennes relais à Bamako et Niamey. Elle émettra 24 heures sur 24, en plusieurs langues nationales des trois pays, afin d’atteindre l’ensemble des populations, jusque dans les zones les plus reculées.
Le ministre burkinabè de la Communauté, Gilbert Ouédraogo, a présenté cette initiative comme un pas décisif vers une intégration régionale concrète. « La Radio AES sera un espace de dialogue, un outil pour renforcer la cohésion, combattre les discours haineux et promouvoir nos valeurs partagées », a-t-il affirmé.
Ce média de service public abordera des sujets cruciaux : l’accès équitable à l’information, la lutte contre le terrorisme et la désinformation, la valorisation des cultures locales ou encore l’éducation aux enjeux de développement. Un programme ambitieux, à l’image du projet politique porté par les trois États sahéliens.
Après le lancement d’une première plateforme numérique à Bamako le 30 décembre 2024, cette radio marque une étape supplémentaire dans l’édification des institutions propres à l’AES, qui a officiellement quitté la CEDEAO le 29 janvier dernier. Un logo et un drapeau communs sont déjà en place.
En prenant le contrôle de leurs canaux d’information, les pays de l’AES entendent offrir à leurs citoyens une parole libre, un récit nouveau, affranchi des influences extérieures.
La Rédaction

