Récemment, une mission archéologique franco-suisse a mis au jour une tombe richement décorée à Saqqara, l’un des sites les plus emblématiques de l’Égypte antique. Datée de plus de 4 000 ans, cette sépulture appartenait à Tetinebefou, un médecin de haut rang sous la VIe dynastie. Si elle avait été pillée dans l’Antiquité, ses fresques colorées restent parfaitement préservées, offrant une plongée fascinante dans l’univers médical et religieux de cette époque.
Une sépulture au cœur de l’Ancien Empire
Située près du complexe funéraire du roi Pépi Ier, cette tombe révèle l’importance sociale de Tetinebefou. Doyen des médecins du palais, il était également chef des dentistes et directeur des plantes médicinales. Son rôle allait au-delà de la médecine, puisqu’il était aussi lié au culte de la déesse scorpion Serqèt, protectrice contre les venins et les maladies.
Les archéologues ont découvert des inscriptions et des reliefs illustrant ses fonctions et croyances. Bien que la tombe ait été vidée de ses objets précieux par des pilleurs il y a des siècles, sa structure en “four” et ses décors éclatants en font une découverte exceptionnelle.
Une trouvaille qui éclaire l’histoire des élites égyptiennes
L’intérêt de cette tombe ne réside pas seulement dans sa beauté. Elle s’inscrit dans un contexte plus large, puisqu’elle a été retrouvée grâce à des blocs de calcaire portant des copies de l’autobiographie d’Ouni, un grand vizir de Pépi Ier. Cet illustre personnage, connu depuis le XIXe siècle, aurait peut-être fait préparer plusieurs tombes, un fait rare dans la tradition funéraire égyptienne.
Cette découverte apporte donc un éclairage nouveau sur les pratiques funéraires et le statut des hauts fonctionnaires sous l’Ancien Empire. Plus qu’une simple sépulture, la tombe de Tetinebefou témoigne de l’organisation sociale et des croyances de l’époque, confirmant une fois de plus que Saqqara reste une source inépuisable de trésors archéologiques.
La Rédaction

