Les pharaons, souvent victimes du poids de la postérité, sont bien loin d’être tous aussi célèbres que Toutankhamon ou Ramsès II. Des figures comme Hatchepsout ou Menkaouhor, bien que marquantes, sont restées dans l’ombre des grands noms de l’Égypte antique. Retour sur ces souverains qui, bien que moins médiatisés, ont pourtant laissé une empreinte importante dans l’histoire du royaume des pharaons.
Menkaouhor : l’héritage du bâtisseur

Au XXIVe siècle avant J.-C., Menkaouhor n’était pas un pharaon ordinaire. Il a commandé la construction d’une pyramide à Saqqara, dont il ne reste aujourd’hui qu’un simple monticule, et a initié la création d’un temple solaire qui reste introuvable. Si aujourd’hui son nom est peu connu, il a marqué ses contemporains de manière profonde. Des siècles après sa mort, son culte était encore célébré à travers des stèles gravées à son image. Ce culte a même retrouvé une certaine vivacité au XIIIe siècle avant notre ère, ce qui témoigne de l’importance du pharaon à son époque.
Sésostris : le conquérant mythique

Sésostris Ier et Sésostris III ont mené des expéditions militaires mémorables, d’abord dans le Sinaï, puis en Nubie. Mais c’est sous le nom générique de « Sésostris » que l’histoire a consolidé leurs exploits. Ce pharaon semi-légendaire est devenu un symbole de la puissance militaire de l’Égypte antique. L’historiographie de la Renaissance, fascinée par ses victoires, imagina même que son empire allait de l’Éthiopie jusqu’aux confins de l’Inde. Sésostris incarna la grandeur de l’Égypte de manière si forte qu’il fut même exalté comme un égal d’Alexandre le Grand ou de Napoléon.
Ahmosis Ier : l’unificateur

Avant Ahmosis Ier, l’Égypte était divisée en deux royaumes. Le pharaon a mis fin à cette division au XVIe siècle avant J.-C., en chassant les Hyksôs, envahisseurs venus du Proche-Orient. Grâce à sa victoire, l’Égypte se retrouve unifiée et voit la naissance du Nouvel Empire, une période marquée par une grande prospérité. Bien que sa mémoire ait été oubliée pendant plusieurs siècles, Ahmosis a retrouvé une certaine gloire au XXe siècle, lorsqu’il est devenu un symbole de résistance contre l’occupation coloniale, notamment sous le contrôle des puissances britanniques et françaises.
Hatchepsout : la reine effacée

Hatchepsout, l’une des rares femmes à avoir régné en tant que pharaon, a laissé une trace indélébile dans l’histoire égyptienne. Son règne, particulièrement prospère, a été marqué par d’importants travaux de construction, dont son célèbre temple funéraire à Deir el-Bahari. Pourtant, après sa mort, son successeur Thoutmosis III fit tout pour effacer son nom et ses réalisations de l’histoire. Ce n’est qu’au XIXe siècle, grâce aux travaux de Jean-François Champollion, que son histoire fut reconstituée, et que son rôle dans l’Égypte antique fut reconnu.
Nectanébo II : l’ancêtre légendaire

Nectanébo II, dernier pharaon de la dynastie égyptienne avant la conquête d’Alexandre le Grand, a régné dans une période troublée. Bien qu’il ait construit de nombreux monuments, c’est une légende qui l’a propulsé dans l’histoire. Selon cette fiction, Nectanébo II aurait été le père d’Alexandre le Grand, une histoire inventée pour légitimer les Ptolémées, descendants des conquérants grecs d’Égypte. Cette légende alimenta les récits durant tout le Moyen Âge, jusqu’à en faire un personnage incontournable de l’histoire mythologique égyptienne.
Psammétique Ier : réformateur et modernisateur

Au VIIe siècle avant J.-C., Psammétique Ier a amorcé une série de réformes qui ont profondément transformé l’Égypte. Il a ouvert des voies de coopération avec le monde grec, notamment dans les domaines commerciaux et culturels. Cette ouverture a permis à l’Égypte de redynamiser ses arts et de renforcer son pouvoir. Le pharaon a aussi inspiré des récits légendaires, comme celui de son union avec la belle Rhodopis, qui aurait donné naissance au mythe de Cendrillon.
Toutankhamon : l’improbable superstar

Si Toutankhamon est aujourd’hui l’un des pharaons les plus célèbres, son nom n’aurait probablement pas survécu à travers les âges sans la découverte de sa tombe en 1922. Fils du pharaon Akhénaton, Toutankhamon n’a pas été un grand souverain en termes d’accomplissements. Cependant, sa tombe intacte, découverte par Howard Carter, a révélé un trésor inestimable, propulsant le pharaon dans la sphère médiatique. Les mystères entourant sa mort prématurée et la malédiction qui se serait abattue sur ceux qui ont ouvert sa tombe ont ajouté au mythe qui entoure sa mémoire.
Ces pharaons, bien que souvent oubliés ou effacés par l’histoire, ont façonné l’Égypte antique à leur manière. Leur héritage témoigne de la richesse et de la complexité de cette civilisation millénaire, bien loin des figures médiatiques qui ont dominé la mémoire collective.
La Rédaction

