L’Afrique, malgré son potentiel agricole immense, continue de faire face à un défi de taille dans le secteur sucrier. Si le continent regorge de ressources naturelles pour produire de la canne à sucre et de la betterave sucrière, il reste fortement dépendant des importations pour satisfaire une demande intérieure croissante. Selon les dernières prévisions du département américain de l’agriculture (USDA), l’Afrique figure parmi les plus grands importateurs mondiaux de sucre, un produit pourtant au cœur de l’alimentation quotidienne.
Une production insuffisante face à une consommation galopante
Malgré un climat favorable à la culture de la canne à sucre et de la betterave, les pays africains peinent à développer une production locale suffisante pour répondre à la demande. Cette situation crée un déséquilibre commercial, avec des importations massives pour combler le déficit. L’Algérie, par exemple, est le plus grand importateur de sucre du continent, avec 1,942 million de tonnes importées en 2023-24, et prévoit d’importer davantage en 2024-25.
Le Nigéria, bien qu’ayant un immense potentiel pour la culture de la canne à sucre, notamment dans ses régions du nord, reste un importateur net avec des prévisions d’importation s’élevant à 1,820 million de tonnes pour la campagne 2024/25. Le manque d’investissements et les défis logistiques pèsent sur son développement agricole, privant le pays de la possibilité d’exploiter ses ressources locales.
Le Maroc, un modèle en transition
Le Maroc, autrefois proche de l’autosuffisance en sucre, a vu ses importations augmenter à 1,742 million de tonnes en 2023-24. La consommation intérieure, en forte hausse en raison de l’urbanisation et du développement industriel, pousse le pays à recourir à des approvisionnements externes. Le royaume met cependant en place des stratégies pour relancer sa filière sucrière, en misant sur des variétés plus résistantes à la sécheresse.
Le Soudan et l’Égypte : entre difficultés et production en hausse
Le Soudan, qui fut autrefois un exportateur net de sucre, est désormais contraint d’importer pour satisfaire une demande intérieure en constante augmentation. L’instabilité et la dégradation des infrastructures ont mis à mal sa production. Quant à l’Égypte, malgré une augmentation de sa production nationale, reste un importateur important de sucre, avec une consommation qui dépasse les capacités locales.
La pression de la demande intérieure
Le phénomène de dépendance aux importations se retrouve dans de nombreux autres pays du continent, où la demande intérieure ne cesse de croître, soutenue par une démographie en expansion et une urbanisation rapide. L’Afrique du Sud, l’Égypte, l’Algérie, et le Maroc figurent parmi les plus gros consommateurs africains de sucre, exerçant une pression croissante sur les importations. Selon l’USDA, la demande en Égypte et en Algérie devrait continuer d’augmenter, ce qui pourrait accentuer la dépendance aux marchés internationaux.
Une question de souveraineté alimentaire
La situation actuelle souligne l’urgence pour les pays africains de développer une véritable souveraineté alimentaire. Le défi est double : stimuler la production locale tout en répondant aux impératifs de durabilité. Pour y parvenir, des investissements massifs dans les infrastructures agricoles, le développement de variétés plus productives et résilientes, ainsi qu’un soutien renforcé aux producteurs locaux s’avèrent nécessaires.
Malgré des progrès notables dans certains pays comme l’Égypte et l’Afrique du Sud, la production de sucre sur le continent reste bien loin de celle des grands producteurs mondiaux tels que le Brésil ou l’Inde. Les efforts pour redresser la situation devront être nombreux et ambitieux si l’Afrique veut réduire sa dépendance aux importations et sécuriser sa consommation de sucre à l’avenir.
La Rédaction

