La Côte d’Ivoire s’engage dans une transformation majeure de sa filière rizicole, déterminée à conquérir son indépendance alimentaire d’ici 2026. Premier importateur de riz en Afrique subsaharienne, le pays ivoirien déploie une stratégie ambitieuse pour se libérer de cette dépendance extérieure et renforcer sa souveraineté alimentaire.
Une dynamique de production prometteuse
Les résultats actuels témoignent d’une progression remarquable. En 2023, la production nationale a atteint 1,3 million de tonnes de riz blanc, et les projections pour 2024 sont encore plus encourageantes avec 1,55 million de tonnes attendues, soit une croissance de près de 20%.
« Nos capacités techniques et nos ressources naturelles nous placent en position idéale pour réussir cette transition », affirme Kobenan Kouassi Adjoumani, ministre de l’Agriculture. Cette montée en puissance s’appuie sur des investissements stratégiques dans les variétés à haut rendement, l’irrigation moderne et le renforcement des capacités des producteurs locaux.
Des défis structurels à surmonter
L’équation reste néanmoins complexe face à une consommation nationale qui s’intensifie, atteignant désormais 84 kg par habitant et par an. Les experts estiment que la production devra augmenter d’au moins 55% en deux ans pour satisfaire une demande oscillant entre 2,1 et 2,8 millions de tonnes.
Ce défi nécessite non seulement d’accroître les volumes, mais aussi d’améliorer la chaîne de valeur complète : de la production à la transformation, en passant par la commercialisation et la distribution du riz local.
Une stratégie nationale intégrée et financée
La « Stratégie Nationale de Développement de la filière Riz » (SNDR 2) constitue le fer de lance de cette ambition, avec un investissement massif de 1,3 milliard de dollars programmé entre 2024 et 2030. Cette initiative vise à porter la production à 3,2 millions de tonnes à l’horizon 2030, grâce à:
- L’extension des surfaces irriguées et des aménagements hydro-agricoles
- L’adoption de techniques culturales innovantes adaptées au changement climatique
- Le renforcement des capacités de stockage et de commercialisation
- La mécanisation progressive des exploitations rizicoles
- Le développement de partenariats public-privé dans la transformation
« Cette stratégie nationale ne vise pas uniquement l’autosuffisance, mais positionne également la Côte d’Ivoire comme futur exportateur de riz dans la sous-région ouest-africaine », souligne un expert du secteur.
Un impact socio-économique majeur
Au-delà de la sécurité alimentaire, cette transformation de la filière rizicole représente un levier de développement économique et social considérable. Elle devrait générer plus de 200,000 emplois directs et indirects dans les zones rurales, stimuler l’entrepreneuriat agricole et contribuer significativement à la réduction de la pauvreté.
Le succès de cette initiative pourrait faire de la Côte d’Ivoire un modèle de souveraineté alimentaire en Afrique de l’Ouest, région fortement dépendante des importations de riz asiatique.
La Rédaction

