Un phénomène fascinant se déroule dans l’est de l’Afrique : une transformation tectonique qui pourrait donner naissance à un nouvel océan. Ce processus, initié il y a des millions d’années, s’accélère et pourrait bouleverser la géographie du continent plus rapidement que prévu, selon des études scientifiques récentes.
Une région brûlante en pleine métamorphose
La région d’Afar, située dans l’est de l’Éthiopie, est l’un des endroits les plus inhospitaliers du globe. Sous des températures pouvant atteindre 50 °C et une sécheresse quasi permanente, cette zone est pourtant au cœur d’un bouleversement géologique unique. Elle se trouve à l’intersection de trois plaques tectoniques : la plaque nubienne, la plaque somalienne et la plaque arabique. Ces plaques s’éloignent progressivement les unes des autres, ouvrant une faille gigantesque qui pourrait, à terme, être envahie par les eaux.
Une faille qui grandit à vue d’œil
En septembre 2005, une série de 420 séismes a provoqué l’apparition d’une immense fissure dans la région. Ce qui aurait dû prendre des siècles s’est produit en quelques jours : le sol s’est ouvert sur près de 60 kilomètres de long et 10 mètres de profondeur. Depuis, cette faille continue de s’élargir et de s’approfondir, alimentée par les mouvements constants des plaques tectoniques.
« L’Afar est l’un des rares endroits au monde où l’on peut observer en direct la croûte terrestre se transformer en croûte océanique », explique Cynthia Ebinger, géophysicienne à l’université de Tulane, aux États-Unis.
Une nouvelle géographie en gestation
Selon une étude publiée en novembre 2023 dans la revue Tectonophysics, ce processus pourrait donner naissance à une étroite dorsale océanique dans moins d’un million d’années, bien plus tôt que les estimations initiales. Les eaux de la mer Rouge et du golfe d’Aden pourraient inonder cette région, séparant une partie de l’Afrique du reste du continent.
Cependant, il ne s’agirait pas d’un nouvel océan à proprement parler. « C’est davantage une extension de la mer Rouge », précise Cynthia Ebinger, soulignant que ce phénomène est sans précédent dans l’histoire récente de la planète.
Une transformation qui pourrait s’accélérer
Avec une plaque arabique qui s’éloigne de 2,5 centimètres par an et des plaques africaines à un demi-centimètre, ce mouvement reste lent mais régulier. Des événements tels que de puissants séismes ou des éruptions volcaniques majeures pourraient toutefois accélérer encore davantage cette transformation géologique spectaculaire.
Alors que l’Afar continue de se fracturer, ce phénomène rappelle que notre planète est vivante et en perpétuelle évolution, redessinant sans cesse les contours de ses continents et océans.
La Rédaction

