Abuja, 21 juin 2025 – Ce week-end, la capitale nigériane accueille un sommet régional sans précédent. Porté par le Nigeria et non par la CEDEAO, ce forum économique ouest-africain, entamé hier vendredi, se poursuit aujourd’hui avec un message clair : Abuja entend redéfinir les dynamiques économiques régionales et affirmer son rôle moteur, au-delà des lignes de fracture politiques.
Une initiative made in Nigeria
Bola Ahmed Tinubu concrétise ainsi une promesse faite à Bissau en 2023 : organiser un grand rendez-vous du commerce et de l’investissement africain. Ce sommet, distinct du cadre institutionnel de la CEDEAO, s’aligne sur les principes de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), tout en proposant une plateforme autonome, conçue pour durer.
Avec au programme une table ronde présidentielle, des forums d’affaires, et la présence de plus de 100 PME et startups africaines, le Nigeria veut positionner Abuja comme hub économique régional, dans une dynamique résolument tournée vers le secteur privé.
AES : la main tendue d’Abuja
Fait marquant : le Burkina Faso, le Mali et le Niger, pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) et anciens membres de la CEDEAO, sont présents à ce sommet, à l’invitation directe de Lagos. Une décision qui tranche avec leur isolement sur la scène régionale depuis leur retrait de la CEDEAO en janvier 2024.
Pour le ministre nigérian des Affaires étrangères, Yusuf Maitama Tuggar, l’objectif est clair : relancer les coopérations par l’économie, en dépassant les blocages politiques. Une stratégie d’ouverture à peine voilée, alors que le mandat de Tinubu à la présidence tournante de la CEDEAO arrive à son terme ce dimanche 22 juin.
En attendant la CEDEAO
Ironie du calendrier : le lendemain, ce même Abuja accueillera le sommet du cinquantenaire de la CEDEAO. Mais les pays de l’AES, absents de l’agenda officiel, auront déjà pris part à un autre dialogue — économique, informel, mais symboliquement puissant.
En s’émancipant du carcan institutionnel et en convoquant tous les acteurs de la sous-région, le Nigeria ne se contente pas de tendre la main : il redessine les contours d’une intégration régionale à géométrie variable.
La Rédaction

