Depuis 2017, le Kenya applique une interdiction stricte sur la fabrication et l’utilisation des sacs plastique. Pourtant, une récente saisie de plus de 350 000 sacs illégaux met en lumière les défis persistants du pays face à une contrebande organisée, souvent orchestrée par des réseaux criminels transfrontaliers.
Une saisie record qui en dit long
À Eldoret, dans l’ouest du pays, l’Autorité nationale de gestion de l’environnement (NEMA) a intercepté une cargaison massive de sacs plastique illicites. Cette opération révèle l’ampleur des activités clandestines qui échappent aux contrôles, malgré une législation parmi les plus sévères au monde. L’interdiction kényane couvre tous les sacs plastique à usage courant, sauf quelques exceptions, comme les emballages industriels et les sacs-poubelle. Les contrevenants risquent des amendes allant jusqu’à 30 000 euros pour les fabricants et environ 370 euros pour les particuliers.
Un commerce alimenté par la corruption
Les sacs plastique illégaux proviennent en grande partie de pays voisins, comme l’Ouganda, et traversent les frontières dissimulés dans des cargaisons de sacs biodégradables ou de vêtements de seconde main. Selon des témoignages relayés par la presse locale, ces activités bénéficient parfois de complicités au sein des institutions gouvernementales, renforçant la difficulté de faire appliquer la loi.
Une demande toujours élevée
Malgré l’interdiction, les sacs plastique restent prisés par les petits commerçants. Ces derniers, vendeurs de fruits, légumes ou snacks, les préfèrent pour leur faible coût et leur praticité. Certains évoquent également la revente d’anciens stocks pour limiter leurs pertes.
Une lutte sans relâche
Face à cette réalité, les autorités kényanes se disent résolues à éradiquer ce commerce illégal qui menace l’environnement. Les sacs plastique, non biodégradables, se fragmentent en microparticules et polluent durablement les sols et les cours d’eau. Un responsable local a récemment affirmé que des mesures sont en cours pour renforcer les contrôles aux points d’entrée stratégiques, soulignant : “Nous ne tolérerons pas le retour des sacs plastique, désormais bannis de notre pays.”
Bien que les efforts pour protéger l’environnement soient significatifs, ils se heurtent à des défis complexes, mêlant pratiques commerciales ancrées, corruption et pression économique. La guerre contre la pollution plastique au Kenya est loin d’être terminée.
La Rédaction

