Lors d’une conférence internationale à Lagos, le professeur Ibrahim Gambari, ancien Sous-secrétaire général des Nations Unies et ministre nigérian des Affaires étrangères, a mis en garde contre les risques d’une nouvelle guerre froide sur le continent africain. Selon lui, les rivalités géopolitiques et la course à la militarisation mondiale placent l’Afrique au centre des enjeux stratégiques.
S’exprimant sur le thème « L’Afrique dans la géopolitique changeante du monde : démographie, technologie, intelligence artificielle et ressources naturelles », il a souligné que l’évolution rapide du système international est porteuse de défis majeurs, mais aussi d’opportunités. Le Pr Gambari a exhorté les Africains à s’engager activement pour que ces transformations ne se fassent pas à leur détriment.
Une Afrique convoitée par les puissances mondiales
Dans un contexte où les dépenses militaires augmentent de manière exponentielle et où la guerre électronique se développe grâce aux nouvelles technologies, le continent africain, riche en sites stratégiques, devient une cible privilégiée. Le Pr Gambari a souligné que la côte africaine est déjà parsemée de bases militaires appartenant à diverses puissances, témoignant de l’intérêt accru pour les ressources naturelles, les terres arables et les minéraux critiques.
Ces convoitises, a-t-il expliqué, s’accompagnent d’efforts pour établir des alliances politiques stables, renforçant le retour d’une géopolitique à somme nulle. Cette dynamique, selon lui, risque d’exacerber l’instabilité sur le continent.
Un rôle central dans la démographie mondiale
Face à ce contexte, le Pr Gambari a mis en lumière le potentiel démographique unique de l’Afrique. Avec une population dépassant le milliard et un taux de jeunesse parmi les plus élevés au monde, le continent détient un atout majeur dans un monde où de nombreuses régions font face à un vieillissement rapide.
Il a appelé les dirigeants africains à transformer ce dividende démographique en moteur de développement. « Il est impératif d’élaborer des stratégies nationales et régionales pour tirer parti de l’énergie et de l’esprit d’innovation de notre jeunesse », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de placer cette jeunesse au cœur de l’économie numérique et des technologies émergentes.
L’appel à une transformation structurelle
Le Pr Gambari a conclu en soulignant que l’Afrique doit refuser de rester spectatrice pendant que les règles du nouvel ordre mondial se dessinent. Exploiter pleinement ses ressources humaines et naturelles permettra au continent de devenir un acteur clé dans la définition de ce nouvel équilibre global.
« Nous devons nous mobiliser pour que ce nouvel ordre mondial reflète nos valeurs et nos aspirations à un monde plus juste et inclusif », a-t-il affirmé, appelant à une transformation structurelle tant attendue pour propulser le continent vers un avenir plus équitable et prospère.
La Rédaction

