Le Mozambique s’apprête à inaugurer le plus grand projet hydroélectrique d’Afrique australe depuis 50 ans : le barrage de Mphanda Nkuwa, situé sur le fleuve Zambèze, dans la province de Tete. Ce projet de 6,5 milliards de dollars vise à transformer le paysage énergétique du pays et à renforcer son rôle de leader régional en matière d’énergie verte.Transition énergétique : une production bas carbone au service du développementLe barrage de Mphanda Nkuwa, d’une capacité initiale de 1 500 MW, s’inscrit dans la stratégie du Mozambique pour atteindre une électrification nationale complète d’ici 2030. Ce projet permettra de doubler la capacité de production actuelle du pays, tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre grâce à une production d’électricité bas carbone. Une centrale solaire de 400 MW viendra compléter cette infrastructure, renforçant ainsi l’engagement du Mozambique en faveur des énergies renouvelables.À lire aussi : Éthiopie : L’impact dévastateur du plus grand barrage d’Afrique sur les peuples de la vallée de l’OmoGéopolitique régionale : un acteur énergétique incontournable en Afrique australeGrâce à une ligne de transmission de 1 300 km, le barrage de Mphanda Nkuwa alimentera le réseau électrique du sud du Mozambique, incluant la capitale Maputo, et exportera de l’électricité vers les pays voisins tels que la Zambie, le Malawi et le Zimbabwe. Ce projet positionne le Mozambique comme un fournisseur clé d’énergie verte dans la région, répondant ainsi à la demande croissante des secteurs minier et industriel, notamment en Afrique du Sud.Montage financier et partenariats internationauxLe projet bénéficie du soutien de la Banque mondiale, à travers sa filiale International Finance Corporation (IFC), qui apporte des financements concessionnels et des garanties contre les risques. Le consortium chargé de la construction comprend les entreprises françaises EDF et TotalEnergies, ainsi que le groupe japonais Sumitomo Corporation, détenant ensemble 70 % du capital. Le gouvernement mozambicain et la société Hidroeléctrica de Cahora Bassa détiennent les 30 % restants.À lire aussi : Côte d’Ivoire : Le barrage de Singrobo-Ahouaty, une promesse électrique au goût amerDéfis techniques et calendrierLa première turbine du barrage devrait être opérationnelle d’ici 2031. D’ici là, des études d’ingénierie approfondies, le choix des équipements et la construction des infrastructures nécessaires seront réalisés. Ce projet ambitieux représente un défi technique majeur, mais aussi une opportunité de développement économique pour le Mozambique et ses voisins.À lire aussi : Congo-Brazzaville : Le projet du barrage de Sounda reporté sine dieLe projet Mphanda Nkuwa illustre la volonté du Mozambique de devenir un leader régional en matière d’énergie verte. En combinant production d’électricité bas carbone et exportation vers les pays voisins, il contribue à la transition énergétique de la région tout en renforçant l’influence géopolitique du pays.
La Rédaction

