Après l’Assemblée nationale, la Chambre haute zimbabwéenne a validé à une majorité écrasante une refonte constitutionnelle majeure. Le texte prévoit l’allongement du mandat présidentiel à sept ans et une redéfinition du mode de désignation du chef de l’État.
Le processus de révision constitutionnelle engagé à Harare franchit une étape décisive. Le Sénat a adopté, mercredi, le projet de réforme institutionnelle visant à modifier en profondeur les règles de fonctionnement du pouvoir exécutif et du système électoral zimbabwéen.
Le vote est sans ambiguïté : 75 sénateurs ont approuvé le texte, contre 4 voix opposées. Déjà validée par l’Assemblée nationale, cette révision attend désormais la signature du président Emmerson Mnangagwa pour entrer en vigueur.
Une transformation structurelle du cadre électoral
Le projet de réforme repose sur deux modifications centrales qui redessinent l’architecture institutionnelle du pays.
- Allongement du mandat présidentiel et parlementaire : la durée passe de cinq à sept ans. Cette évolution a pour effet de prolonger l’horizon du mandat en cours d’Emmerson Mnangagwa jusqu’en 2030, en révisant le cadre des limitations existantes.
- Révision du mode d’élection du président : le texte transfère au Parlement la compétence de désignation du chef de l’État, remplaçant ainsi le principe du suffrage universel direct en vigueur depuis la fin des années 1980.
Ces ajustements font l’objet d’interprétations divergentes. Les autorités les présentent comme un mécanisme de stabilisation institutionnelle et de continuité des politiques publiques. L’opposition, de son côté, y voit une modification substantielle des équilibres démocratiques existants.
Un appareil politique largement majoritaire
La mise en œuvre de cette réforme s’inscrit dans un contexte parlementaire dominé par le Zanu-PF, au pouvoir depuis l’indépendance en 1980. Cette configuration confère à la majorité présidentielle une capacité déterminante dans l’adoption des textes structurants.
Dans le même temps, plusieurs organisations de défense des droits humains alertent sur un rétrécissement de l’espace civique. Elles évoquent des cas de pressions et d’intimidations visant des acteurs politiques et associatifs opposés à la réforme constitutionnelle, selon des rapports récents d’ONG internationales.
Une trajectoire politique centrée sur la continuité
Arrivé au pouvoir en 2017 à la suite du départ de Robert Mugabe, Emmerson Mnangagwa a été élu en 2018 puis reconduit en 2023. Cette nouvelle révision constitutionnelle s’inscrit dans une logique de consolidation institutionnelle portée par l’exécutif.
Le gouvernement justifie ces changements par la nécessité de garantir la stabilité politique et la continuité des programmes de développement dans un contexte économique et social marqué par des défis structurels persistants.
Une reconfiguration institutionnelle en cours
Avec l’adoption de ce texte, le Zimbabwe engage une évolution significative de son système politique, caractérisée par un renforcement du rôle du Parlement dans la désignation de l’exécutif et une modification du calendrier électoral.
La promulgation présidentielle attendue dans les prochains jours viendra achever ce processus, qui fixe désormais l’horizon institutionnel du pays à 2030.
La Rédaction

