Le Zimbabwe franchit un tournant historique dans sa quête de souveraineté énergétique. Invictus Energy, entreprise australienne à la manœuvre, a confirmé la première découverte commerciale de gaz dans le bassin de Cabora Bassa, annonçant ainsi l’entrée du pays dans le cercle restreint des producteurs africains de gaz naturel.
Situé dans le nord-ouest du pays, le champ de Mukuyu devient le symbole de cette percée stratégique. Grâce à l’obtention d’une autorisation de production pilote, un premier projet concret est lancé : alimenter en gaz la mine d’or d’Eureka, en transformant le gaz en électricité. Une initiative qui s’inscrit dans une logique de valorisation locale des ressources et d’autonomisation énergétique nationale.
Mais l’ambition de Harare ne s’arrête pas là. Invictus Energy a identifié un second site prometteur : Musuma-1, situé en dehors du périmètre de Mukuyu. Les réserves estimées y sont impressionnantes : 1,2 trillion de pieds cubes de gaz et 73 millions de barils de condensat. De quoi redessiner profondément le paysage énergétique du Zimbabwe et potentiellement de toute la région australe.
Pour NJ Ayuk, président exécutif de la Chambre africaine de l’énergie, le projet Cabora Bassa illustre la manière dont les ressources fossiles peuvent jouer un rôle de levier pour une croissance inclusive et une transition vers des solutions énergétiques plus propres.
Le patron d’Invictus, Scott Macmillan, partagera d’ailleurs sa vision à l’occasion de la Semaine africaine de l’énergie (AEW 2025), prévue du 29 septembre au 3 octobre à Cape Town. Il y présentera les perspectives du Zimbabwe dans le domaine du gaz et du pétrole, un secteur encore balbutiant mais porteur de transformations structurelles pour l’économie locale.
Dans un contexte continental marqué par la nécessité de diversifier les sources d’énergie, le Zimbabwe se positionne ainsi comme un nouvel acteur à suivre de près. Son sous-sol pourrait bien jouer un rôle déterminant dans l’équilibre énergétique de l’Afrique australe, à condition que les investissements, les infrastructures et les partenariats suivent cette dynamique.
La Rédaction

