La pauvreté en Afrique connaît une montée inquiétante, mais elle n’est pas vécue de la même manière partout. Selon les données récentes d’Afrobarometer, la pauvreté vécue dans 39 pays africains entre 2021 et 2023 révèle des disparités frappantes. Certains Africains luttent pour subvenir à leurs besoins les plus fondamentaux, comme la nourriture, l’eau potable, les soins médicaux, et l’accès à un revenu, tandis que dans d’autres pays, la situation reste légèrement plus stable.
Une pauvreté qui frappe de manière inégale
Alors que la pauvreté est un phénomène omniprésent sur le continent, son intensité varie énormément d’un pays à l’autre. Par exemple, moins de deux Seychellois sur dix (13%), de Mauriciens (16%) et de Marocains (18%) ont souffert de pénuries alimentaires au cours de l’année écoulée. En revanche, dans des pays comme l’Angola (81%), la Mauritanie (82%), le Nigéria (84%), le Niger (86%) et le Congo-Brazzaville (87%), plus de quatre personnes sur cinq ont connu ce type de privation. Cette variation met en évidence des inégalités profondes dans les conditions de vie à travers le continent.
La privation sévère : des tendances contrastées
Si l’on s’intéresse à la privation sévère, c’est-à-dire les pénuries fréquentes ou constantes de biens essentiels, on observe des évolutions variées. Dans des pays comme le Libéria, le Burkina Faso, le Togo, le Maroc et le Gabon, la situation s’est améliorée au cours de la dernière décennie, avec une diminution de cette privation sévère. En revanche, dans d’autres nations, comme le Nigéria, la Namibie, le Mali, le Zimbabwe et l’Afrique du Sud, la privation sévère a augmenté de manière significative, touchant une proportion grandissante de la population.
Le contraste entre l’Afrique du Sud et le Ghana
Dans des pays comme l’Afrique du Sud et le Ghana, environ huit personnes sur dix ont vécu au moins une forme de pénurie. Cependant, la situation diffère grandement d’un pays à l’autre. En Afrique du Sud, la pauvreté sévère est beaucoup plus répandue, touchant 20% de la population, tandis qu’au Ghana, seulement 9% des habitants sont confrontés à cette situation extrême. En revanche, au Ghana, la pauvreté moins grave est plus courante, avec 50% de la population touchée, contre 33% en Afrique du Sud. Cela montre que, bien que la pauvreté soit un problème majeur dans les deux pays, son intensité et son impact varient considérablement.
Vers des solutions adaptées aux réalités locales
La montée de la pauvreté en Afrique reflète une crise économique et sociale qui touche de nombreux pays. Cependant, chaque pays a des besoins spécifiques, et les solutions doivent être adaptées à ces réalités locales. Là où des politiques ciblées ont permis des progrès, comme au Libéria ou au Burkina Faso, des réformes sur mesure peuvent faire la différence. Mais dans des pays comme le Nigéria ou l’Afrique du Sud, des changements structurels plus profonds sont nécessaires pour inverser la tendance.
Les disparités dans la pauvreté vécue en Afrique montrent que la lutte contre la pauvreté ne peut être uniforme. Il est essentiel de prendre en compte les spécificités de chaque pays pour développer des stratégies efficaces et adaptées.
La Rédaction

