Un médicament contre le diabète utilisé comme coupe-faimAu Kenya, les autorités sanitaires ont tiré la sonnette d’alarme face à la multiplication des cas d’usage détourné de l’Ozempic, un médicament à base de sémaglutide. Initialement conçu pour traiter le diabète de type 2, ce traitement est de plus en plus utilisé par certaines personnes comme solution rapide pour perdre du poids, sans prescription ni suivi médical.Le Pharmacy and Poisons Board a annoncé l’ouverture d’une enquête sur ce phénomène préoccupant, qui met en danger la santé de nombreux citoyens.Qu’est-ce que le sémaglutide ?Le sémaglutide est un agoniste du récepteur GLP-1. Il imite une hormone intestinale naturelle qui régule l’appétit, la production d’insuline et le taux de glucose dans le sang.Sous différents noms commerciaux comme Ozempic (injection), Rybelsus (comprimés) ou Wegovy (poids), il est prescrit dans le cadre du traitement du diabète et, dans certains cas, pour lutter contre l’obésité.S’il favorise une perte de poids, ce n’est pas un produit miracle mais un médicament puissant qui doit être administré sous contrôle médical.Les risques liés à un usage abusifDe nombreux effets indésirables peuvent apparaître, surtout en cas de surconsommation ou d’utilisation sans suivi :• Troubles digestifs fréquents : nausées, vomissements, diarrhées, constipation.• Hypoglycémies : baisses dangereuses de la glycémie, parfois nécessitant une hospitalisation.• Complications graves : pancréatite, calculs biliaires, troubles de la thyroïde, atteintes visuelles.• Perte de masse musculaire et carences en cas d’amincissement trop rapide.Certains médecins kenyans rappellent que l’Ozempic peut améliorer la santé de patients éligibles, mais utilisé comme raccourci minceur, il expose à des conséquences potentiellement irréversibles.Une alerte pour toute l’AfriqueLe cas kenyan illustre une tendance mondiale : l’explosion de la demande pour les médicaments amaigrissants. Dans plusieurs pays, des ruptures de stock ont même affecté les diabétiques qui en avaient réellement besoin.Face à cette dérive, les autorités appellent à la prudence et à la sensibilisation, en insistant sur la nécessité de consulter un médecin avant toute prescription.L’Ozempic peut être un outil médical précieux, mais son mauvais usage comme simple produit minceur représente un danger réel. Au Kenya comme ailleurs, les autorités rappellent qu’aucune injection ne remplace une approche équilibrée basée sur une alimentation saine, l’activité physique et le suivi médical.
La Rédaction

