La scène politique zimbabwéenne est entrée dans une phase de turbulences inquiétantes. Ce qui n’était qu’un appel à une grève de deux jours s’est mué en une contestation ouverte du pouvoir en place. Blessed “Bombshell” Runesu Geza, vétéran de guerre et ancien membre influent du Zanu PF, désormais passé dans le camp des opposants, appelle à une mobilisation nationale illimitée jusqu’à la démission du président Emmerson Mnangagwa.
De la protestation ponctuelle à la défiance prolongée
Dans un premier temps, Geza avait lancé un mot d’ordre pour une grève générale les 22 et 23 avril 2025. Il entendait ainsi protester contre la gouvernance du chef de l’État, qu’il accuse de vouloir modifier la Constitution pour rester au pouvoir jusqu’en 2030 sans passer par un référendum. Mais très vite, le ton a changé : l’opposant appelle désormais à la poursuite du mouvement « jusqu’à la chute du régime », accusant Mnangagwa de corruption systémique et de favoriser une politique tribale.
Un exilé sous protection et des soutiens dans l’armée
Désormais entré dans la clandestinité, Geza affirme disposer du soutien de certains membres “progressistes” du secteur sécuritaire, prêts à l’épauler dans ce qu’il qualifie lui-même de soulèvement. Ces déclarations sont intervenues après les manifestations du 31 mars dernier, qui avaient réuni plus d’une centaine de personnes à travers le pays et entraîné 98 arrestations. L’homme ne fait aucun mystère de ses intentions : il veut provoquer une rupture du pouvoir en place et ouvrir un nouveau cycle politique au Zimbabwe.
Le pouvoir resserre les rangs
Face à ce défi lancé de l’intérieur par un ancien allié, les autorités n’ont pas tardé à réagir. La police a annoncé des « déploiements massifs » à l’échelle nationale, destinés à garantir « la poursuite normale des activités socio-économiques » et à maintenir l’ordre public. En clair, toute tentative de mobilisation prolongée sera étouffée dans l’œuf.
La rue face à l’État
Le bras de fer est engagé. Entre un pouvoir qui se retranche derrière les institutions et un opposant radicalisé qui prétend avoir les militaires de son côté, le Zimbabwe avance vers une zone de turbulence politique aiguë. Les jours à venir diront si l’appel de Geza trouve un écho plus large dans la population ou si le gouvernement parvient à contenir cette contestation inédite venue de ses propres rangs.
La Rédaction

