Le parti au pouvoir mobilise ses partisans pour soutenir l’extension du mandat présidentiel, dans un contexte de faible riposte de l’opposition.
Une mobilisation à sens unique
Au Zimbabwe, les audiences publiques sur la réforme constitutionnelle tournent à l’avantage de la ZANU-PF, qui soutient un texte visant à prolonger de deux ans le mandat du président Emmerson Mnangagwa, jusqu’en 2030. À Dema comme à Chitungwiza, des partisans ont été acheminés en nombre pour appuyer la réforme, donnant l’image d’un soutien massif.
Une stratégie bien rodée
Cette démonstration s’inscrit dans une logique de légitimation populaire. Des figures proches du pouvoir, comme le prédicateur Jay Israel, défendent une réforme présentée comme nécessaire à la continuité politique et économique. Sur le terrain toutefois, certains participants peinent à en expliquer le contenu, ce qui interroge sur la profondeur de cette adhésion.
Une opposition en retrait
En face, l’opposition apparaît divisée et peu mobilisée. Engluée dans ses rivalités internes, elle peine à peser dans le débat, laissant le champ largement ouvert au pouvoir.
Des critiques marginalisées
Quelques voix s’élèvent néanmoins. À Chitungwiza, le vétéran Rutendo Muzirwa a plaidé pour un référendum, estimant qu’une réforme constitutionnelle de cette ampleur devrait être soumise directement au peuple.
Une issue politiquement verrouillées
Dans ce rapport de forces largement déséquilibré, la ZANU-PF dispose d’une avance décisive dans le processus d’adoption du texte. L’essentiel du débat ne porte plus seulement sur le contenu de la réforme, mais sur les conditions de sa légitimité politique.
Au-delà de la prolongation potentielle du mandat présidentiel, c’est la question de la capacité du système zimbabwéen à maintenir un cadre de délibération pluraliste qui se trouve posée, dans un contexte où les contre-pouvoirs apparaissent affaiblis et fragmentés.
La Rédaction

