Une nouvelle découverte bouleversante secoue l’Afrique du Sud : quarante-quatre migrants éthiopiens, dont plusieurs mineurs, ont été retrouvés enfermés contre leur gré dans une maison en périphérie de Johannesburg. Ce drame humain révèle une fois encore l’existence d’un réseau migratoire méconnu, reliant la Corne de l’Afrique à la nation arc-en-ciel, au prix d’une souffrance insoutenable.
Ce n’est pas un cas isolé. En janvier dernier, une vingtaine d’Éthiopiens avaient déjà été secourus dans des circonstances similaires, et en 2023, 90 autres migrants étaient découverts détenus dans des habitations de fortune. Les migrants, attirés par l’espoir d’une vie meilleure, tombent rapidement dans un engrenage de promesses trompeuses et de violences.
Selon Faisal Garba, professeur à l’Université du Cap, ces jeunes hommes acceptent dans un premier temps de payer des passeurs pour atteindre l’Afrique du Sud. Mais une fois sur place, la dette s’alourdit, et la liberté devient conditionnelle : « On passe d’un accord volontaire à une forme de coercition. Ils ne sont pas libres tant qu’ils n’ont pas payé. »
Une route meurtrière et peu documentée
La route migratoire dite « du sud » est moins visible que celles menant vers l’Europe ou les États du Golfe, mais elle n’en est pas moins périlleuse. Depuis 2020, les corps de dizaines de migrants éthiopiens ont été retrouvés au Mozambique, en Zambie ou encore au Malawi. Beaucoup meurent avant même d’atteindre l’Afrique du Sud, dans un silence assourdissant.
Emma van der Walt, fondatrice de l’ONG Brave to Love, documente cette trajectoire oubliée : « La plupart sont recrutés en Éthiopie par des passeurs installés au Kenya. Ensuite, le voyage est marqué par la violence : ils sont entassés dans des véhicules, affamés, battus. »
En 2023, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) estimait à près de 80 000 le nombre de mouvements le long de cette route. Derrière ces chiffres, des vies broyées, des rêves anéantis, et une urgence : reconnaître, documenter et démanteler ces réseaux.
La Rédaction

