La tragédie qui a secoué Madagascar ces derniers jours n’est plus considérée comme une simple intoxication alimentaire. Les autorités malgaches ont confirmé ce mercredi 19 juin 2025 que plusieurs décès étaient dus à un empoisonnement volontaire, déclenchant une onde de choc dans tout le pays.
Des donuts contaminés par une substance mortelle
Tout a commencé par une série d’hospitalisations massives à Antananarivo. Les premiers éléments laissaient penser à une intoxication alimentaire classique. Mais des rumeurs persistantes évoquaient une piste bien plus inquiétante. Ce scénario a pris une tournure dramatique avec les déclarations du ministre délégué à la Gendarmerie nationale, Toby Ratsimandrava, révélant la présence de poison dans les beignets (donuts) consommés par les victimes.
Les analyses ont été menées de manière rigoureuse : les vomissements des malades ont été injectés à des souris de laboratoire, qui sont mortes peu après. Trois autres rongeurs ayant consommé directement les donuts contaminés ont également succombé. Le ministre de la Santé, le Pr Zely Arivelo Randriamanantany, a confirmé que ces tests validés ont permis aux médecins d’ajuster rapidement les traitements. Sept patients parmi les plus gravement atteints ont pu quitter l’hôpital mercredi.
Une enquête criminelle et cinq suspects interpellés
Les soupçons d’un acte prémédité se sont renforcés au fil des heures. La gendarmerie a placé cinq personnes en garde à vue. Il s’agit désormais de comprendre si cet empoisonnement massif a été orchestré par une ou plusieurs personnes, et surtout, de remonter jusqu’au commanditaire.
Le risque de représailles ou de justice populaire est pris au sérieux par les autorités. Le placement en détention provisoire semble inévitable pour éviter tout débordement, dans un pays où la présomption d’innocence peine souvent à s’imposer dans l’opinion.
La ministre de la Communication appelle au calme
Face aux rumeurs et à la tension croissante, la ministre de la Communication et de la Culture, Volamiranty Donna Mara, a pris la parole pour exhorter les médias et la population à ne relayer que des informations officielles. “Il s’agit de vies humaines. La responsabilité de l’État est pleinement engagée”, a-t-elle déclaré lors d’un point presse.
Des cas similaires à Mahajanga et Toamasina
Le drame d’Antananarivo ne serait pas un cas isolé. À Mahajanga, sept personnes ont été intoxiquées après avoir consommé de la charcuterie achetée en grande surface, à l’occasion de la fête des Pères. Trois d’entre elles, dont un enfant, sont décédées.
À Toamasina, six autres personnes ont été hospitalisées pour des troubles digestifs sévères. Elles avaient consommé des godrogodro (gâteaux au chocolat) achetés à un vendeur ambulant. Leur état est jugé stable. Les enquêteurs cherchent désormais à identifier le marchand.
Rupture de la chaîne du froid ou sabotage ?
Un spécialiste interrogé par gasigasy.mg évoque la possibilité d’une rupture de la chaîne du froid, favorisant le développement de la bactérie Clostridium botulinum, à l’origine du botulisme. Mais dans le cas des donuts empoisonnés, cette hypothèse ne tient plus.
L’heure est désormais à la traque du ou des responsables de cet acte criminel. La thèse de l’empoisonnement ciblé ne fait plus de doute pour les autorités. Reste à savoir s’il s’agit d’un règlement de comptes, d’un acte de vengeance ou d’un message politique.
La Rédaction

