Après plusieurs années d’accalmie relative, le Yémen connaît une nouvelle intensification des affrontements. Les combats autour de Taëz et les explosions signalées à Sanaa ravivent les tensions entre les Houthis et les forces soutenues par l’Arabie saoudite, faisant craindre un retour à une guerre de grande ampleur.
La fragile désescalade qui prévalait au Yémen depuis 2022 semble de plus en plus compromise. Samedi 3 octobre, de violents affrontements ont opposé les forces du gouvernement reconnu internationalement aux combattants houthis autour de Taëz, dans le sud-ouest du pays. Les combats se sont notamment concentrés à Jabal Han, une position stratégique permettant de contrôler plusieurs accès à la ville.
Les forces gouvernementales affirment avoir repoussé une offensive houthie. Parallèlement, plusieurs explosions ont été entendues à Sanaa, capitale contrôlée par les Houthis. Ces derniers accusent l’Arabie saoudite d’avoir mené de nouvelles frappes aériennes, sans que l’ensemble de ces opérations puisse être confirmé de manière indépendante.
Une trêve progressivement fragilisée
Depuis l’expiration de la trêve négociée sous l’égide des Nations unies en octobre 2022, le Yémen n’avait jamais véritablement retrouvé la paix. Les affrontements avaient toutefois diminué, laissant entrevoir la possibilité d’un règlement politique.
La reprise des combats en juillet 2026 a progressivement remis en cause cet équilibre. À Taëz, ville longtemps disputée, les positions militaires restent sensibles et les affrontements menacent directement les populations installées à proximité des lignes de front.
Les bilans communiqués par les belligérants témoignent de la violence des opérations. Plusieurs dizaines de combattants auraient été tués vendredi, tandis que les Houthis affirment avoir subi de nombreuses frappes aériennes. Ces chiffres, issus des parties au conflit, restent difficiles à vérifier indépendamment.
Le risque d’une nouvelle escalade régionale
La situation dépasse désormais les seuls affrontements terrestres. Les accusations de frappes saoudiennes sur Sanaa et les tirs attribués aux Houthis vers le territoire saoudien font craindre un élargissement des hostilités.
L’Arabie saoudite, qui soutient le gouvernement yéménite, demeure un acteur déterminant du conflit. Les Houthis, appuyés par l’Iran, contrôlent toujours une grande partie du nord-ouest du pays. Toute intensification des échanges de frappes pourrait compromettre davantage les efforts diplomatiques engagés ces dernières années.
Cette évolution intervient dans un environnement régional déjà marqué par de fortes tensions, rendant plus difficile la recherche d’un compromis durable.
Une population toujours plus vulnérable
Pour les civils, le retour des combats représente une menace supplémentaire dans un pays profondément fragilisé par plus d’une décennie de guerre. Les déplacements de population, la destruction des infrastructures et les difficultés d’approvisionnement continuent de peser sur les conditions de vie.
L’insécurité alimentaire demeure particulièrement préoccupante. Une nouvelle extension des hostilités risquerait de perturber davantage les circuits commerciaux, l’accès aux soins et les opérations humanitaires.
De Taëz à Sanaa, la reprise des violences révèle ainsi la fragilité d’une désescalade qui n’avait jamais débouché sur un véritable accord de paix. Sans reprise du dialogue, le Yémen pourrait connaître une nouvelle phase de guerre dont les civils supporteraient une fois encore les conséquences les plus lourdes.
La Rédaction
Sources : Agence France-Presse (AFP), 3 octobre 2026 ; Nations unies ; Programme alimentaire mondial (PAM).

