En Mongolie intérieure, la Chine a construit à Zhurihe une reproduction partielle du quartier présidentiel de Taipei, un dispositif qui alimente les spéculations sur ses ambitions envers l’île et illustre l’importance croissante des simulations militaires à grande échelle.La base de Zhurihe, située à environ 400 km de Pékin, s’étend sur plus de 1 000 km² et constitue la plus vaste installation militaire du pays. Depuis plus de trente ans, l’Armée populaire de libération (APL) y organise des exercices simulant des conflits modernes, allant de l’assaut urbain à la guerre mécanisée. Les premières images diffusées par la télévision d’État chinoise en 2015 montraient déjà des soldats escalader un bâtiment de cinq étages et une tour rappelant fortement le palais présidentiel taïwanais. Aujourd’hui, cette reconstitution comprend également des bâtiments symboliques tels que le ministère de la Justice, le ministère des Affaires étrangères ou le ministère de la Défense, reliés par un tunnel de 280 mètres, visant à entraîner l’armée à des opérations ciblées contre les dirigeants taïwanais.Des experts japonais et occidentaux y voient la matérialisation d’une stratégie de guerre psychologique visant à intimider Taipei, tandis que des exercices récents montrent que l’APL continue d’y faire circuler blindés et véhicules militaires. Le ministère de la Défense de Taïwan a identifié l’année 2027 comme présentant un risque élevé d’invasion, date symbolique coïncidant avec le centenaire de l’APL et le possible quatrième mandat de Xi Jinping.Dans ce contexte, certains pays africains, dont le Togo, suivent avec attention les tensions en mer de Chine orientale. Pour Lomé, la surveillance des routes maritimes et la préparation de ses forces navales aux missions de sécurité régionale sont essentielles, car toute escalade en Asie peut avoir des répercussions sur les échanges commerciaux et la stabilité des ports ouest-africains.Au-delà de la menace potentielle, la réplique de Zhurihe illustre également la dimension idéologique de l’armée chinoise. Les manœuvres visent à inculquer aux soldats la mission de protéger la « Mère Patrie » et de préparer l’intégration de Taïwan, conformément à la ligne stratégique du Parti communiste chinois. Cette simulation constitue donc un outil à la fois tactique et psychologique, rappelant que la confrontation ne se joue pas uniquement sur le terrain, mais aussi dans l’esprit des populations et des dirigeants.
La Rédaction

