Le Venezuela et les États-Unis ont trouvé un accord pour la reprise des vols de rapatriement des migrants vénézuéliens expulsés du territoire américain. Cette décision met fin à une suspension décrétée par Caracas après un différend majeur concernant l’expulsion de plus de 200 Vénézuéliens vers une prison au Salvador, un acte dénoncé comme un « enlèvement » par le gouvernement de Nicolas Maduro.
Un premier vol de rapatriement après des tensions
Jorge Rodriguez, président de l’Assemblée nationale du Venezuela, a annoncé que le premier vol de rapatriement était prévu pour dimanche. Il a souligné que l’objectif était de garantir le retour des ressortissants vénézuéliens « dans le respect de leurs droits humains ».
Cette reprise intervient après la suspension des vols décidée par Maduro le 8 mars, en réaction aux accusations de Donald Trump, qui reprochait au Venezuela de ne pas respecter ses engagements en matière de rapatriement. En représailles, Caracas avait refusé d’accepter tout nouvel avion en provenance des États-Unis, aggravant les tensions entre les deux pays. La crise s’était encore intensifiée lorsque Washington avait sanctionné le géant énergétique Chevron en suspendant sa licence d’exportation de pétrole vénézuélien.
Le Venezuela dénonce une expulsion arbitraire
Au cœur du bras de fer, l’expulsion de plus de 200 Vénézuéliens vers une prison de haute sécurité au Salvador a suscité une vive réaction de Caracas. Selon Washington, ces personnes appartiendraient au gang criminel du Tren de Aragua, qualifié d’organisation terroriste par le Département d’État américain. Une affirmation catégoriquement rejetée par le gouvernement vénézuélien.
Lors d’une allocution télévisée, Nicolas Maduro a directement interpellé Nayib Bukele, président du Salvador, lui imputant la responsabilité de la détention des migrants expulsés :
« Vous êtes responsable. Vous devez garantir leur santé et, le plus tôt possible, les libérer et les remettre. »
Maduro soutient que ces migrants n’ont commis aucun crime aux États-Unis ni au Salvador, renforçant ainsi l’idée que leur transfert aurait été une manœuvre arbitraire.
Les familles dénoncent une manipulation
Face à cette situation, les familles des expulsés ont manifesté au Venezuela, accusant les autorités américaines d’avoir trompé les migrants en leur faisant croire qu’ils rentraient dans leur pays natal.
« Ils ont été trompés », a déclaré Gladys Coromoto Rojas, grand-mère d’un des déportés, lors d’une manifestation dans la ville de Barquisimeto.
Un autre cas illustre la confusion entourant ces expulsions : Maikel Rojas Olivera avait informé ses proches qu’il rentrerait au Venezuela, mais il a finalement été envoyé au Salvador.
Si un juge fédéral américain a temporairement suspendu de nouvelles expulsions, certains vols avaient déjà décollé avant cette décision.
Un exode massif et des incertitudes à venir
Le Venezuela continue de faire face à une crise migratoire majeure : plus de sept millions de ses citoyens ont quitté le pays en raison de l’effondrement économique de la dernière décennie. L’évolution de la situation entre Washington et Caracas pourrait avoir des conséquences significatives pour ces millions de migrants, en particulier à la lumière des récentes modifications de la règle du Temporary Protected Status (TPS) aux États-Unis.
La reprise des vols de rapatriement marque une tentative de stabilisation des relations, mais la méfiance reste forte entre les deux pays, notamment sur le sort des Vénézuéliens déportés.
La Rédaction

