Ramadan et Carême, un temps spirituel partagé
Le Dicastère pour le Dialogue interreligieux a rendu public, le 20 février, un message adressé aux frères et sœurs musulmans à l’occasion de l’ouverture du mois de Ramadan, qui s’achèvera avec l’Aïd al-Fitr le 19 mars 2026. Ce message s’adresse également à toutes les personnes engagées dans le dialogue interreligieux et met en lumière ce qu’il qualifie de « convergence providentielle des calendriers » cette année.
En 2026, le Ramadan a débuté le mercredi 18 février, tandis que le Carême chrétien s’est ouvert le même jour avec le rite des Cendres. Le Carême culminera avec la célébration de Pâques le dimanche 5 avril. Cette simultanéité crée une proximité spirituelle inédite, permettant aux chrétiens de vivre leur temps de jeûne et de pénitence aux côtés de leurs frères musulmans engagés dans le Ramadan.
Pour le préfet du Dicastère, le cardinal George Jacob Koovakad, cette coïncidence constitue une « occasion privilégiée » d’exprimer respect et proximité envers les croyants « au Dieu unique, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de la terre ».
« Tous dans le même bateau »
Le message souligne que ce cheminement parallèle permet de reconnaître la fragilité humaine et d’affronter les épreuves qui pèsent sur les consciences. Il exprime une solidarité particulière envers les musulmans qui souffrent dans leur corps ou dans leur esprit, notamment ceux qui aspirent à la justice, à l’égalité, à la dignité et à la liberté.
Au-delà de la compassion, le texte insiste sur une mission commune : restaurer la paix dans un monde blessé. Chrétiens et musulmans ne sont pas seulement unis par l’expérience du jeûne et de la prière, mais par une responsabilité morale partagée face aux fractures contemporaines.
Refuser le désespoir et la violence
Dans un contexte mondial marqué par la multiplication des conflits, la surabondance d’informations et la concurrence des récits, le discernement peut s’obscurcir. La tentation peut surgir de céder au désespoir ou de considérer la violence comme un raccourci vers la justice.
Le message appelle à résister à ces dérives. Le croyant est invité à fixer son regard sur Dieu, le Tout-Puissant et le Très-Miséricordieux, et à vivre selon ses commandements. C’est dans cette fidélité que naissent le courage, l’espérance et la paix intérieure. Cette transformation du cœur devient alors une réponse concrète à l’instabilité du monde.
Une paix qui commence par le désarmement du cœur
Le texte fait écho au message pour la 59ᵉ Journée Mondiale de la Paix du pape Léon XIV, qui appelle au « désarmement du cœur, de l’Esprit et de la vie ». Il ne s’agit pas d’une paix abstraite ou utopique, mais d’un don reçu de Dieu, nourri par le dialogue, la justice et le pardon.
La convergence du Ramadan et du Carême est ainsi présentée comme un temps providentiel. Elle offre aux croyants des deux traditions l’occasion d’approfondir leur conversion intérieure afin que celle-ci devienne le ferment d’un monde renouvelé.
Dans un monde tenté par la polarisation et la confrontation, ce temps partagé rappelle que la paix véritable ne naît pas des armes, mais du courage d’ouvrir des chemins nouveaux où la vie peut être restaurée et la fraternité reconstruite.
La Rédaction

