Représentée aux Jeux paralympiques 2024, qui se déroulent actuellement à Paris, la Tunisie se distingue comme un pays promoteur du sport pour les personnes en situation de handicap. Avec 30 athlètes en compétition dans quatre disciplines, la Tunisie affiche sa détermination à exceller sur la scène mondiale. Parmi eux, Walid Ktila, champion du monde du 100 m en fauteuil roulant, tentera de conserver son titre.
Exclu des cours de sport à l’âge de 17 ans, au lycée, en raison de son handicap, Walid Ktila, multiple médaillé, n’a pas laissé ce rejet le décourager. Au contraire, il a transformé cette frustration en une source de détermination et s’est consacré à l’entraînement malgré les obstacles.
« Mes moments de joie sont ici. C’est mon travail et ma vie. Je m’entraîne du matin au soir, soit sur la piste, soit à la salle de sport à soulever des poids. J’ai souffert, mais je persévère et je continue à viser mes objectifs », a-t-il affirmé.
Grâce à un travail acharné pendant 10 ans, Walid Ktila a fait ses débuts aux Jeux paralympiques de Londres en 2012. Bien que sa participation ait été menacée en raison de problèmes de transport, il a finalement remporté la médaille d’or sur le 100 m, et a réitéré cet exploit sur le 200 m. Il a ensuite continué sur cette lancée, décrochant des médailles d’or aux Jeux paralympiques de Rio et de Tokyo.
« J’ai traversé dix années très difficiles. Beaucoup de fatigue, de sacrifices, et j’ai aussi été souvent lésé. Mais j’ai persévéré et travaillé dur. Grâce à ces dix années, je me suis fait un nom. »
Surnommé le guépard du Sahel pour sa vitesse et son agilité, Walid Ktila est l’un des athlètes paralympiques les plus décorés de l’histoire de la Tunisie. Il est considéré comme un modèle, aussi bien sur le plan national qu’international, et bénéficie du soutien de son entourage.
Hania Aidi, compatriote de Walid, est elle aussi une para-athlète. Entraîneuse de l’équipe tunisienne de para-athlétisme depuis un mois, elle a été victime d’un accident de la route qui l’a handicapée faute de moyens financiers pour suivre un traitement. À 25 ans, Hania Aidi découvre le lancer et se consacre corps et âme à cette discipline, malgré les préjugés. Elle gravit rapidement les échelons, devenant médaillée d’argent au javelot aux Jeux paralympiques de Pékin, Londres, Rio et Tokyo, ainsi que triple championne du monde.
« Je suis une championne originaire de Tunisie, un petit pays et d’une région rurale. Je suis handicapée et âgée, pourtant je me retrouve couronnée parmi les plus grandes nations du monde », déclare-t-elle.
Pour offrir des opportunités et montrer que les personnes handicapées ne devraient pas être marginalisées, les autorités tunisiennes ont mis en place une politique active de promotion du sport. Sur l’ensemble du territoire, des recruteurs parcourent le pays pour identifier de nouveaux talents. L’État tunisien finance les entraînements, et jusqu’aux Jeux de Tokyo, une médaille olympique gagnée donnait droit à un poste d’animateur. Cela témoigne de la volonté ferme de promouvoir le para-sport. En Tunisie, les para-athlètes bénéficient du même traitement que les athlètes valides.
Walid Ktila, quintuple champion paralympique, est très attendu à Paris. Il concourra dans les épreuves du 100 m et du 800 m, avec l’espoir de décrocher de nouveaux titres.
La Rédaction

