Face à l’impasse politique persistante, l’Organisation des Nations unies met la pression sur les autorités libyennes. L’envoyée spéciale du Secrétaire général, Hanna Tetteh, a averti mardi 14 octobre devant le Conseil de sécurité que la Mission d’appui de l’ONU en Libye (MANUL) pourrait envisager une « approche différente » si les institutions libyennes ne parvenaient pas à s’accorder sur le cadre légal des prochaines élections.
Selon Mme Tetteh, la MANUL reste en contact étroit avec la Chambre des représentants et le Haut Conseil d’État (HCS) afin d’obtenir un compromis sur la composition de la Haute Commission électorale nationale (HNEC) et sur les amendements constitutionnels indispensables à l’organisation des scrutins présidentiel et législatif. « Si aucun accord n’est trouvé, nous demanderons au Conseil de sécurité d’appuyer une voie alternative pour faire progresser la transition politique », a-t-elle prévenu.
Un dialogue national prévu en novembre
L’émissaire a confirmé la préparation d’un dialogue national structuré pour le mois de novembre, qui rassemblera les forces vives de la société libyenne autour de quatre thématiques : gouvernance, économie, sécurité et réconciliation nationale. Objectif : relancer le processus politique et rétablir la légitimité des institutions, tout en reflétant la diversité sociale, linguistique et régionale du pays.
Mme Tetteh a rappelé que la feuille de route politique lancée par la MANUL en août dernier visait à unifier les institutions fragmentées et à ramener la stabilité à travers des élections libres et crédibles. Elle a salué l’accord du 4 octobre sur la composition du Conseil d’administration de la HNEC, approuvé par les présidents Aqila Saleh et Mohammed Takala, mais a regretté la persistance de blocages sur les amendements constitutionnels « faute de volonté politique suffisante ».
Ultimatum diplomatique
La représentante onusienne a exhorté les responsables libyens à accélérer les discussions et à respecter les premières étapes de la feuille de route d’ici la fin du mois, avertissant que le statu quo n’était plus une option. La MANUL doit également lancer prochainement un appel à candidatures pour la participation au dialogue national, dans l’espoir de relancer un processus politique aujourd’hui figé.
Depuis l’échec des élections de décembre 2021, la Libye reste divisée entre deux gouvernements rivaux, l’un à Tripoli, l’autre à Benghazi. La communauté internationale multiplie les pressions pour qu’un cadre constitutionnel unique soit adopté avant la fin de 2025, condition indispensable à la tenue de nouvelles élections.
La Rédaction

