Depuis janvier 2025, le bureau du Fonds monétaire international (FMI) à Tunis fonctionne sans représentant officiel, une situation qui alimente les spéculations sur un possible retrait progressif de l’institution du pays. Bien que le bureau ne soit pas officiellement fermé, son rôle s’amenuise, révélant un climat de tensions entre le FMI et les autorités tunisiennes.
Un divorce amorcé depuis 2023
La relation entre la Tunisie et le FMI s’est tendue en avril 2023, lorsque le président Kaïs Saïed a rejeté les conditions imposées par l’institution, qu’il a qualifiées de « diktats ». Depuis, les discussions autour d’un éventuel prêt de 1,9 milliard de dollars sont au point mort. Le départ, en janvier 2025, du représentant résident du FMI, Marc Gérard, sans qu’il soit remplacé, symbolise cette rupture silencieuse.
Un retrait progressif du FMI ?
Si le bureau de Tunis reste ouvert, il semble fonctionner au ralenti. Pour certains analystes, cette discrétion croissante du FMI pourrait être le signe d’un désengagement progressif, bien que l’institution ne l’ait pas officiellement annoncé. De son côté, la Tunisie explore d’autres voies pour financer son économie, cherchant notamment des alternatives auprès de partenaires bilatéraux et d’institutions régionales.
Une autonomie économique risquée ?
Le rejet des conditions du FMI par Kaïs Saïed traduit une volonté d’indépendance économique, mais celle-ci comporte des risques. Le pays fait face à une crise budgétaire persistante et à des tensions sociales accrues. En l’absence d’un accord avec le FMI, la Tunisie devra redoubler d’efforts pour stabiliser ses finances sans compromettre sa croissance ni son équilibre social.
L’avenir des relations entre la Tunisie et le FMI demeure incertain. La posture actuelle du gouvernement tunisien traduit une résistance aux injonctions extérieures, mais cette stratégie pourrait-elle tenir sur le long terme ?
La Rédaction

