La justice tunisienne franchit une nouvelle étape dans une affaire sensible mêlant exploitation sexuelle de mineures et trafic de stupéfiants. La chambre d’accusation près la Cour d’appel de Tunis a ordonné le renvoi d’un ancien haut responsable ministériel et de cinq autres personnes devant la chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis.
Une organisation structurée au cœur de la capitale
Selon la décision rendue à l’issue de l’instruction, les mis en cause sont soupçonnés d’avoir constitué un groupement organisé en vue d’exploiter sexuellement des adolescentes, en échange de rémunérations versées par des clients tunisiens et étrangers. Les faits auraient été commis dans plusieurs quartiers de Tunis, notamment à El Aouina et au Bardo, dans des appartements qui auraient servi à la fois de lieux d’exploitation et de stockage de substances classées comme stupéfiants.
L’enquête évoque un mode opératoire structuré, combinant logistique immobilière, coordination interne et gestion de flux financiers. Les autorités judiciaires décrivent un système présumé où chaque membre aurait joué un rôle précis dans l’organisation des rencontres et la dissimulation des activités.
Usage des réseaux sociaux et contenus numériques illicites
Les investigations révèlent également l’utilisation des réseaux sociaux pour identifier des clients potentiels et fixer les rendez-vous. Les échanges numériques auraient servi de canal principal de mise en relation, rendant les transactions plus difficiles à tracer.
Le dossier mentionne par ailleurs la production et la diffusion de contenus numériques impliquant les victimes, réalisés par l’un des principaux complices sous couvert d’activités fictives. Ces éléments aggravent la qualification pénale des faits, en y ajoutant une dimension liée à la criminalité numérique.
Des chefs d’accusation lourds
Les six prévenus sont poursuivis pour constitution d’un groupement en vue d’attenter aux personnes, traite d’êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle de mineures, proxénétisme aggravé, incitation à la débauche d’une mineure, production et diffusion de contenus numériques illicites, ainsi que détention et trafic de stupéfiants inscrits au tableau B.
L’affaire sera examinée par la chambre criminelle dans les prochaines semaines. Aucune date d’audience n’a encore été annoncée. Ce procès à venir s’annonce comme un test majeur pour la réponse judiciaire tunisienne face aux réseaux présumés de traite et d’exploitation de mineures.
La Rédaction

