Une délégation du groupe rebelle nigérien du Front patriotique de libération (FPL) a rencontré fin août le mouvement rebelle malien du Cadre stratégique permanent (CSP). L’objectif de cette rencontre était de renforcer les liens, a déclaré lundi à l’AFP un porte-parole du CSP.
La rencontre a eu lieu du 25 au 29 août à Tinzaouatène, une localité située non loin de la frontière algérienne. La délégation du FPL était conduite par le commandant en chef Barka Taher Hamit, a indiqué le porte-parole du CSP, Mohamed Elmaouloud Ramadan à l’agence de presse française. Évoquant cette réunion, ce dernier a déclaré que « les échanges ont été fructueux et ont porté sur des sujets d’intérêt commun et ont contribué à renforcer nos relations ».
« À l’heure où les juntes ont décidé de procéder à un nettoyage ethnique, nous devons nous organiser pour défendre nos territoires et notre peuple », a-t-il ajouté. De son côté, le FPL a déclaré sur sa page Facebook que les discussions ont porté notamment sur la nécessité de signer un pacte d’assistance mutuelle en cas d’agression des États de l’AES.
D’autres rencontres doivent encore avoir lieu, mais l’objectif affiché est bien de lutter de manière conjointe contre les gouvernements de transition du Mali et du Niger.
Mais au-delà de cette opération de communication, beaucoup d’experts se demandent quelle pourrait être la force véritable de cette nouvelle alliance. Les deux groupes rebelles ont certes des ennemis communs, mais combattent dans des zones séparées par plusieurs centaines de kilomètres. Le CSP est active dans le nord Mali aux frontières avec l’Algérie, tandis que le FPL mène des actions dans le nord du Niger, aux frontières avec le Tchad et la Libye.
En outre, il y a de cela quelques semaines, le CSP et le JNIM, un groupe djihadiste affilié à Al-Qaïda ont signé un pacte de non-agression. Les deux groupes étaient d’ailleurs côte à côte lors de l’Attaque de Tinzaouatène qui a coûté la vie à des centaines de combattants russes et à des soldats maliens, on peut donc se poser la question de savoir si à travers ce rapprochement le FPL qui s’est toujours présenté comme un mouvement non religieux compte aussi se rapprocher des terroristes pour accentuer ses attaques contre les forces armées nigériennes ?
Les mois à venir donneront une idée plus claire de la portée de cette alliance. Les pays de l’alliance des États du Sahel sont plus que décidés à faire front commun contre ces groupes terroristes. Néanmoins, il reste ouvert à des issues pacifiques. Au mois d’août, le général Tiani avait envoyé des émissaires négociés avec les rebelles du FPL, les discussions n’avaient pas abouti, car les insurgés ont refusé de renoncer à leur première revendication qui est la libération du président Mohamed Bazoum détenu depuis le coup de force du 23 juillet 2023 et qui refuse toujours de démissionner.
La Rédaction

