C’est une première controversée sous son second mandat : l’administration Trump a expulsé cinq migrants criminels vers l’Eswatini, petit royaume d’Afrique australe, leurs pays d’origine ayant refusé de les accueillir.
Le ministère de la sécurité intérieure des États-Unis a annoncé l’expulsion par avion de cinq immigrés en situation irrégulière vers l’Eswatini, ex-Swaziland. Originaires du Vietnam, du Laos, du Yémen, de Cuba et de la Jamaïque, ces hommes ont été qualifiés de « criminels étrangers » par les autorités américaines. Incapables d’être renvoyés dans leurs pays d’origine, ils ont été transférés vers ce pays africain, qui a accepté de les accueillir comme destination tierce.
Une stratégie assumée face aux blocages diplomatiques
Selon Washington, ces expulsions se justifient par l’impossibilité de rapatrier les individus vers leurs pays d’origine, qui « refusent de coopérer ». Le choix de l’Eswatini apparaît donc comme une solution alternative pour contourner les blocages diplomatiques, dans le sillage d’une décision de la Cour suprême ayant validé, début juillet, le transfert similaire de huit autres migrants vers le Soudan du Sud.
Cette politique s’inscrit dans une stratégie plus large prônée par Donald Trump, qui a fait de la lutte contre l’immigration clandestine un axe central de son second mandat. L’ancien président américain, revenu au pouvoir début 2025, dénonce une « invasion » des États-Unis par des « criminels étrangers » et multiplie les annonces d’expulsions, dans un climat politique déjà électrique.
Une décision qui suscite l’indignation
Mais ce transfert vers l’Eswatini, dernière monarchie absolue du continent africain dirigée par le roi Mswati III, suscite de vives critiques. Le pays est régulièrement pointé du doigt pour ses violations des droits humains et ses conditions de détention déplorables. De nombreuses voix s’élèvent aux États-Unis, notamment dans les milieux associatifs et les cercles juridiques, pour dénoncer une violation des droits fondamentaux des personnes expulsées.
« Il ne s’agit pas seulement d’immigration illégale. C’est un contournement du droit international et des principes de dignité humaine », déclare un avocat du Centre pour les droits constitutionnels.
Une dérive à visée électorale ?
Alors que la campagne présidentielle s’intensifie pour 2028, Donald Trump pourrait multiplier ce type d’opérations spectaculaires. Mais le recours à des pays tiers, souvent pauvres et politiquement instables, soulève des interrogations éthiques et juridiques majeures. Le cas de l’Eswatini pourrait bien ouvrir un précédent inquiétant : celui d’une externalisation sans limite des politiques migratoires, au mépris des droits des personnes concernées.
La Rédaction

