L’innovation togolaise s’impose désormais sur le plan scientifique africain. L’Institut Togolais de Recherche Agronomique (ITRA) vient d’obtenir un brevet d’invention de l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (OAPI) pour un pesticide biologique mis au point à partir des feuilles de Neem (Azadirachta indica), connu pour ses vertus insecticides naturelles.
Une percée scientifique au service du cacao togolais
Fruit de longues années de recherche menées par le Dr Moubarak Kondow, entomologiste à l’ITRA, cette découverte représente une avancée majeure dans la lutte écologique contre les mirides du cacaoyer, des insectes ravageurs responsables de pertes de rendement estimées entre 30 et 40 %dans les plantations non traitées.
« Ce brevet consacre plusieurs années d’efforts et protège notre innovation contre toute reproduction non autorisée. Il offre aussi une garantie aux investisseurs souhaitant s’engager dans la valorisation de ce produit », a déclaré le chercheur, visiblement ému par cette reconnaissance scientifique continentale.
De la recherche au développement durable
L’ITRA estime que cette reconnaissance de l’OAPI constitue un levier stratégique pour attirer des partenaires économiques, investisseurs et bailleurs de fonds afin de transformer cette innovation en produit commercialisable. Contrairement aux pesticides chimiques, souvent coûteux et nuisibles à la santé et à l’environnement, le pesticide à base de Neem propose une alternative écologique, accessible et locale, adaptée aux besoins des agriculteurs togolais.
Une dynamique soutenue par la valorisation des innovations
Ce succès s’inscrit dans la stratégie de l’ITRA visant à renforcer la valorisation des résultats de recherche à travers l’Unité de Valorisation des Innovations Agricoles et Agroalimentaires (UVI2A), mise en place en 2022 dans le cadre du projet VaRRIWA, avec le soutien technique de l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) et l’appui financier de l’Union Européenne (UE).
L’étape suivante consistera à industrialiser la production de ce pesticide biologique afin de répondre à la demande croissante d’alternatives naturelles dans la protection des cultures.
Un tournant décisif pour la recherche agronomique togolaise, qui conjugue désormais innovation, durabilité et souveraineté scientifique.
La Rédaction

