À quelques semaines de la fin de l’année 2025, l’Alliance nationale pour le changement (ANC) reste au centre d’un constat inquiétant pour l’opposition togolaise. Samedi dernier, Nicolas Manti, sur une radio privée, a livré un message désormais familier : l’échec de l’alternance serait uniquement imputable aux dirigeants « réfractaires à la démocratie », et jamais à l’ANC elle-même.
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Une opposition prisonnière de sa rhétorique
Cette intervention n’est pas un simple commentaire politique, mais le reflet d’un problème structurel : depuis plus de quinze ans, le parti semble incapable de se projeter au-delà du discours. Chaque sortie médiatique suit le même schéma, comme un écho prévisible, révélant un parti enfermé dans ses routines rhétoriques. La parole remplace l’action, et la critique du système devient le principal instrument de visibilité.
Les citoyens observent une opposition qui tourne en rond dans un labyrinthe de promesses abstraites, où le futur semble toujours suspendu à des facteurs externes. Cette stratégie, bien qu’elle conserve une présence médiatique, alimente surtout le scepticisme et l’érosion de la confiance.
Le coût du refus de responsabilité
Le refus d’assumer ses choix stratégiques transforme le parti en symbole d’un nihilisme politique tangible. Quinze ans d’auto-exonération ont construit une image où le discours remplace le projet, où la critique supplante l’action. Chaque sortie, chaque déclaration publique, contribue à renforcer l’idée d’une opposition spectatrice de la scène politique, incapable de produire un changement concret.
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L’enjeu de 2026
Alors que 2025 s’achève, l’ANC fait face à un choix crucial : poursuivre dans cette logique de déni ou réinventer son approche, assumer ses responsabilités et proposer une stratégie claire pour retrouver la confiance des citoyens. Sans cette transformation, le parti restera prisonnier de sa propre rhétorique, et son nihilisme politique continuera d’être son héritage le plus visible.
La sortie de Nicolas Manti illustre ce constat avec une clarté frappante : l’ANC parle beaucoup, mais agit peu, et le temps commence à jouer contre elle.
La Rédaction

