Le dispositif régional de transferts d’argent en temps réel poursuit sa montée en puissance dans le pays, avec un nombre croissant d’acteurs autorisés à proposer ce service au public.
Au Togo, l’écosystème des paiements numériques franchit une nouvelle étape. La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a élargi la liste des établissements habilités à proposer les services liés à la Plateforme interopérable du système de paiement instantané (PI-SPI). Selon la mise à jour arrêtée au 24 février 2026, six institutions financières peuvent désormais mettre ce dispositif à la disposition de leurs clients.
Les établissements concernés sont BIA, Bank of Africa (BOA), Coris Bank, Ecobank, Orabank et Cofina. Lors du lancement du système en septembre 2025, seuls trois acteurs étaient initialement connectés à cette infrastructure régionale.
Une nouvelle génération de transferts financiers
La plateforme PI-SPI s’inscrit dans la stratégie de modernisation des systèmes de paiement au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Elle permet d’effectuer des transferts d’argent instantanés entre plusieurs catégories d’institutions financières.
Grâce à ce dispositif, les opérations peuvent être réalisées à tout moment, sans interruption. Les transactions sont validées immédiatement et les fonds crédités en temps réel, ce qui marque une évolution notable par rapport aux délais habituels des transferts interbancaires.
Le système relie différents acteurs du secteur financier : banques commerciales, institutions de microfinance, établissements de paiement et opérateurs de monnaie électronique.
Un levier pour accélérer la digitalisation financière
Pour les autorités monétaires régionales, l’objectif est de renforcer l’interopérabilité entre les services financiers et de faciliter les transactions numériques dans l’espace UEMOA.
En reliant les comptes bancaires aux portefeuilles électroniques, cette infrastructure vise à fluidifier les échanges d’argent entre les différents canaux de paiement. À terme, elle devrait contribuer à accélérer l’adoption des paiements digitaux et à soutenir l’inclusion financière dans la région.
Des ajustements nécessaires pour les institutions financières
La généralisation de ce système suppose néanmoins des adaptations techniques importantes. Les établissements financiers doivent notamment moderniser leurs infrastructures informatiques afin de gérer des transactions en continu et d’assurer l’interconnexion avec l’architecture régionale.
Les exigences en matière de cybersécurité et de gestion des risques sont également renforcées, dans un contexte où les opérations se réalisent instantanément.
Au-delà des aspects techniques, l’arrivée de ce dispositif pourrait aussi modifier certains équilibres économiques du secteur. La réduction des délais et des coûts de transfert pourrait en effet transformer certains modèles de revenus fondés sur les commissions.
Dans ce contexte, l’adhésion progressive des institutions financières et l’appropriation du service par les utilisateurs seront déterminantes pour mesurer l’impact réel de cette nouvelle génération de paiements dans l’économie togolaise.
La Rédaction

