La Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP) tire la sonnette d’alarme à quelques semaines des élections municipales prévues pour le 10 juillet 2025. Cette coalition regroupant partis d’opposition et organisations de la société civile dénonce un décret présidentiel modifiant le nombre de conseillers municipaux et d’adjoints au maire, publié juste après l’ouverture du dépôt des candidatures. Pour la DMP, cette mesure tardive constitue une entorse grave aux principes démocratiques et rend le processus électoral caduc.
Un décret à contretemps
Ce décret, survenu en pleine période de préparation électorale, suscite la colère de la DMP. Selon la coalition, il introduit une modification majeure des règles du jeu sans consultation préalable ni délai raisonnable. Or, le Protocole additionnel de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne gouvernance interdit expressément toute réforme électorale substantielle à moins de six mois du scrutin, sauf consensus entre les forces politiques. Pour la DMP, le gouvernement togolais a franchi une ligne rouge.
Elle accuse le pouvoir en place de vouloir créer un déséquilibre artificiel au profit du parti au pouvoir, en multipliant les zones d’incertitude juridique et en complexifiant l’organisation du vote.
Une série d’irrégularités pointées du doigt
Au-delà de ce décret, la DMP dénonce un enchaînement de décisions unilatérales et de dysfonctionnements graves dans la conduite du processus électoral :
• la Commission électorale nationale indépendante (CENI) est maintenue en fonction alors que son mandat est arrivé à expiration depuis 2023 ;
• la révision du fichier électoral s’est faite sans consensus, excluant de nombreux électeurs et candidats ;
• le cautionnement électoral a été augmenté brutalement avant d’être réduit à la dernière minute, dans une confusion totale ;
• le corps électoral a été convoqué sans publication officielle de la liste électorale, en violation du code électoral.
Ces éléments, estime la DMP, révèlent une volonté manifeste de verrouiller l’accès aux urnes et de décourager la participation.
Une exigence claire : un report d’au moins six mois
Face à ce qu’elle qualifie de « manœuvres antidémocratiques », la DMP réclame un report immédiat du scrutin, pour une période minimale de six mois. Elle estime que ce délai est nécessaire pour restaurer la confiance, permettre un dialogue entre les acteurs politiques, et réorganiser les élections dans le respect des textes en vigueur et des engagements internationaux du Togo.
Appel à la mobilisation citoyenne et internationale
La DMP en appelle à l’ensemble des forces vives de la nation : partis d’opposition, citoyens, société civile, mais aussi à la communauté internationale, afin de faire pression pour l’organisation d’élections crédibles, transparentes et inclusives.
« Une arme de combat pacifique »
Le communiqué de la DMP se conclut sur un message sans équivoque :
« Les Togolaises et les Togolais ont choisi les élections, même imparfaites, comme une arme de combat pacifique contre le système RPT-UNIR. »
La Rédaction

