Deuxième en Afrique subsaharienne selon la Banque mondiale, le pays confirme ses réformes en faveur de l’égalité économique, tout en étant confronté au défi de leur effectivité sur le terrain
Le Togo occupe la deuxième place en Afrique subsaharienne dans le classement du Women, Business and the Law 2026 de la Banque mondiale. Avec un score de 79,33 sur 100, le pays se distingue par la solidité de son cadre juridique en faveur des droits économiques des femmes. Mais au-delà des performances normatives, l’enjeu majeur reste la traduction concrète de ces avancées dans la vie quotidienne.
Une performance juridique parmi les plus élevées du continent
Selon le rapport de la Banque mondiale, le Togo se positionne juste derrière l’île Maurice et devant plusieurs économies africaines de référence, notamment la Côte d’Ivoire, l’Afrique du Sud, le Rwanda et le Kenya.
Cette performance reflète une dynamique de réformes engagées ces dernières années en matière d’égalité économique et d’inclusion des femmes dans la vie productive.
Des réformes structurantes en matière d’égalité économique
Entre 2023 et 2025, plusieurs mesures ont renforcé le cadre légal togolais : protection des travailleuses enceintes contre le licenciement, prise en charge intégrale du salaire pendant le congé de maternité via la CNSS, accès au crédit sans discrimination de genre, ainsi que la reconnaissance de modalités de travail flexibles.
Le pays figure ainsi parmi un nombre limité d’économies en Afrique subsaharienne offrant un cadre juridique permettant aux salariés de solliciter des conditions de travail adaptées.
Un soutien politique affirmé et un cadre en consolidation

Selon Dr Sandra Ablamba Johnson, ministre, Secrétaire général de la Présidence du Conseil et Gouverneur de la Banque mondiale pour le Togo, cette performance traduit la solidité des réformes engagées en matière d’égalité économique et la volonté des autorités de consolider les acquis. Elle a toutefois insisté sur la nécessité de poursuivre les efforts afin de transformer ces avancées juridiques en résultats concrets pour les femmes.
Un décalage persistant entre cadre légal et réalité
Le rapport 2026 introduit une approche élargie, le WBL 2.0, qui évalue non seulement les lois, mais aussi leur mise en œuvre et les dispositifs d’accompagnement.
À l’échelle mondiale, l’écart reste significatif : si le score moyen du cadre juridique atteint 67 sur 100, il chute à 53 pour l’application effective et à 47 pour les services de soutien.
Au Togo, cette limite est également visible. Si le cadre juridique est solide, le cadre institutionnel d’appui affiche un score de 31,95, en dessous de la moyenne régionale.
Des insuffisances dans les services de soutien
Les domaines de la garde d’enfants et de la sécurité des femmes apparaissent comme des points faibles majeurs. Ces insuffisances réduisent l’impact réel des réformes, notamment sur la participation économique des femmes et leur autonomie professionnelle.
Comme le souligne le rapport, l’efficacité des lois dépend désormais de leur traduction en politiques publiques et en services accessibles.
Un enjeu économique et démographique majeur
Avec une population jeune en forte croissance, dont une part importante de femmes appelées à intégrer le marché du travail dans les prochaines années, la question de l’effectivité des droits devient centrale.
Au-delà du cadre juridique, l’enjeu touche directement la compétitivité économique, l’inclusion sociale et la transformation du marché du travail.
Le Togo s’impose comme l’un des pays les plus avancés d’Afrique subsaharienne en matière de cadre juridique pour les droits économiques des femmes. Mais le défi décisif reste désormais la mise en œuvre effective de ces réformes, condition essentielle pour transformer les progrès législatifs en changements concrets.



La Rédaction

