Depuis le mardi 15 avril 2025, les principaux acteurs du secteur agricole togolais sont réunis à Lomé pour valider un rapport stratégique visant à réformer la politique nationale semencière. Objectif : garantir aux producteurs un accès durable à des semences de qualité, facteur clé pour améliorer la productivité agricole.
Un système semencier à bout de souffle
Commandité par l’Alliance pour une Révolution Verte en Afrique (AGRA) et réalisé par le consortium TASAI et SSG West and Central Africa (WCA), le rapport dresse un diagnostic sans appel. De nombreuses variétés améliorées aujourd’hui en circulation datent de plus de 19 ans. Or, elles ne sont plus adaptées aux enjeux actuels : changement climatique, hausse de la demande alimentaire, intensification des systèmes de culture.
En 2023, le Togo n’a produit que 3 370 tonnes de semences certifiées, loin des besoins nationaux. Pour le Dr Issoufou Kapran, vice-président de SSG WCA, « une approche collective est urgente ». Sans réforme, le pays ne pourra ni développer des variétés résilientes ni atteindre ses objectifs agricoles.
Des mesures concrètes pour une politique renouvelée
Le rapport propose des pistes précises :
• Renforcer la coordination institutionnelle entre les secteurs public et privé.
• Accroître les financements dédiés à la recherche pour produire de nouvelles variétés.
• Intégrer davantage de variétés togolaises au catalogue régional des semences.
• Encourager les partenariats public-privé pour stimuler production et distribution de semences certifiées.
Le Conseil national des semences et plants, ainsi que le Comité technique d’homologation, devront être consolidés pour garantir l’efficacité de ces réformes.
Un levier stratégique pour l’économie
Avec une contribution de 20,6 % au PIB et près de 70 % de la population active, l’agriculture togolaise est vitale pour l’économie nationale. Mais sa faible productivité reste un frein. Après avoir subventionné les engrais à hauteur de 40 %, le gouvernement s’attaque désormais à la question semencière pour enclencher un cercle vertueux de performance.
Une fois validé, ce rapport servira de socle pour la révision de la politique nationale semencière et orientera les interventions des partenaires techniques et financiers. Le pari est clair : bâtir une agriculture plus résiliente, plus compétitive, capable de nourrir durablement une population en pleine croissance.
La Rédaction

