Quelques jours après leur nomination en Conseil des ministres le 6 mai, les neuf nouveaux préfets appelés à diriger différentes préfectures du Togo ont été reçus à Lomé par le ministre de l’Administration territoriale, le colonel Awaté Hodabalo, dans une séquence qui ressemblait autant à une prise de contact institutionnelle qu’à un rappel à l’ordre administratif.
Au-delà des félicitations d’usage, cette réunion de cadrage a surtout permis au gouvernement de préciser ce qu’il attend désormais des représentants de l’État dans les territoires : réactivité, discipline hiérarchique, capacité de contrôle local et vigilance sécuritaire dans un contexte régional marqué par la menace djihadiste au Sahel et dans le nord du golfe de Guinée.
Dans son intervention, le ministre a insisté sur le rôle stratégique du préfet comme relais direct de l’exécutif dans les préfectures. Une manière de rappeler que, malgré l’approfondissement progressif de la décentralisation, l’État central conserve un rôle déterminant dans la supervision administrative et politique des collectivités territoriales.
Le colonel Awaté Hodabalo a notamment mis l’accent sur l’obligation pour les préfets de rendre compte rapidement et avec précision des situations sensibles dans leurs circonscriptions. Le message adressé aux nouveaux responsables administratifs est clair : dans un appareil étatique fortement hiérarchisé, les initiatives locales doivent rester alignées avec les orientations du pouvoir central et des gouverneurs de région.
Cette rencontre intervient d’ailleurs dans un contexte où les autorités togolaises cherchent à renforcer leur maillage territorial, notamment sur les questions de sécurité, de cohésion sociale et de prévention de l’extrémisme violent. Depuis plusieurs années, le gouvernement de Faure Gnassingbé multiplie les dispositifs administratifs et sécuritaires dans les zones jugées sensibles, particulièrement dans le nord du pays.
Au cours de la séance, le secrétaire général du ministère, Esso Koudjoou, a également présenté les principaux textes encadrant l’action préfectorale. Les échanges ont porté sur le contrôle de légalité des actes des communes, la gestion des manifestations publiques, les relations avec les autorités coutumières ainsi que le fonctionnement des structures déconcentrées de l’État.
En filigrane, cette réunion traduit aussi les ambiguïtés persistantes de la gouvernance territoriale togolaise : alors que les communes disposent théoriquement de marges d’autonomie accrues depuis les réformes de décentralisation, les préfets demeurent des acteurs clés du contrôle administratif exercé par l’État central.
Prenant la parole au nom des nouveaux nommés, le préfet d’Amou, GAVLO Komi Amen Martin, a salué une rencontre qu’il estime utile pour clarifier les responsabilités attachées à la fonction préfectorale et les relations à entretenir avec les services déconcentrés et les collectivités locales.
Les nouveaux préfets ont enfin reçu plusieurs documents administratifs et juridiques destinés à accompagner leur installation prochaine dans leurs différentes juridictions.
La Rédaction

